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L'inévitable entassement
Posté par orchea le 15/01/2007 à 06h09
Je l’avoue, je suis une grande névrosée. Je suis sensible à des odeurs étranges, j’ai des problèmes de communication, j’ai peur des pieds, je me sens envahie par les microbes et dernièrement je suis angoissée, quasiment obnubilée par une seule chose: l’entassement !N’appelez pas le SAMU, je m’explique ! (Tu reposes ce téléphone tout de suite !)
Je commence à ressentir un étouffement, comme si la Terre n’était plus assez grande pour nous accueillir, comme si nos déchets avaient fini par nous posséder (Reposes ce téléphone j’ai dit ! J‘ai pas fini !!). L’être humain devient surproductif. Les choses ne sont plus détruites à la vitesse de leur création.
En un mot, je nous sens envahis par nos propres activités!
Tous ces objets qui s’accumulent, ils doivent bien finir quelque part ! Et après ? Est-ce qu’ils s’évaporent comme ça en un claquement de doigts sans laisser de trace ?
Même en dégradant, l’homme produit. Avez-vous déjà pensé à la quantité de merde qui se déverse tous les jours dans nos égouts? On tire la chasse sur nos défections, on les regarde jouissivement se noyer dans ce tourbillon d’eau jusqu’à ce qu’elle redevienne limpide et l’on oublie que cette merde ne disparaît pas. Elle suit un trajet bien établi. Réveillez-vous, nous vivons sur des fosses septiques et même si les canalisations imperméables nous donnent l’illusion de nous être débarrassé de nos déchets, ils sont sous nos pieds. Nous vivons sur notre propre merde et nous essayons de l’ôter de notre vue, car sa vision nous est insupportable. Nous cachons notre propre humanité dans le sol.
Qu’est devenu le squelette de Nana Aïcha, Baba Salah et tous les autres ? Nous enterrons nos morts bien profondément, nous pensons nous être séparés de ces cadavres encombrants, de ces souvenirs pesants mais leurs os perdurent à travers les années. Nos morts nous envahissent. Nous vivons tranquillement au dessus d’eux mais ils sont là à quelques mètres sous nos pieds et s’entassent à travers les siècles et les millénaires.
Nous jetons nos ordures ménagères sans penser qu’elles ne disparaissent pas. Que devient cette bouteille de lait vide, ces restes de macaronis, ces emballages alimentaires que nous jetons machinalement dans un sac poubelle noir. La dernière vision que nous en avons, c’est ce camion puant qui vient les emporter pour nous en débarrasser. Mais que deviennent ils ? Ils sont forcément stockés quelque part à l’abri des regards, compostés, dégradés…oui mais jamais complètement détruits, ils s’entassent.
Regardez autour de vous dans votre chambre… combien de vieux CD gravés sans nom avez-vous ? Ils s’accumulent sur votre étagère à coté de votre lit. Ils retiennent la poussière et les toiles d’araignée, ils vous pourrissent subtilement la vie. Vous les déplacez à chaque fois pour ne plus avoir à y penser mais le tas se fait de plus en plus grand et ils finissent par occuper tout votre espace vital.
Qu’est devenue la 2 CV de vos grands parents ? Qu’est devenue votre vieille clio cabossée que vous avez pu revendre malgré tous ses soucis mécaniques ? Que deviennent toutes ces voitures pourries, accidentées, vieilles ferrailles… Elles sont bien quelque part, entassées dans des casses ou roulant encore difficilement.
En regardant des vieilles photos de vous, ne vous êtes-vous jamais demandé où étaient ces vieux habits que vous portiez encore adolescent ? Qu’est devenu ce pull vert fluo qui vous faisait honte, ce survêtement ABIDAS que vous portiez fièrement, ce sac hyper fashion aux dorures jaune caca d’oie? Les porte-t-on encore quelque part ? Sont-ils à la vente dans une fripe de quartier populaire ? Font-ils encore honte à un jeune adolescent défavorisé ? Ils encombrent bien quelqu’un, quelque part.
Et ces objets que vous n’utilisez jamais ? Cette vieille radio cassée que vous gardez au fond d’un placard, cette pile Energizer moins énergique que jamais, ce vieux stylo bleu à l’encre séchée, ce petit objet à la forme bizarroïde dont vous ne connaissez pas l’utilité, ce composant électronique sorti de je ne sais quel appareil électroménager, cet écrou tout rouillé, cette bouteille de parfum vide, cet emballage cadeau de vos 16 ans, cette figurine au bras cassé, cette unique boucle d’oreille… Combien d’objets inutilisables gardons-nous ainsi dans nos maisons, des objets qui s’entassent et nous encombrent, des parasites de notre quotidien qui vivent avec nous et nous obligent à trouver de l’espace pour d’autres choses.
Combien de vieux papiers remontant à vos années de collège avez-vous encore quelque part dans un placard ? Combien de vieux devoirs de Maths, de bulletins scolaires, de cours photocopiés, de factures, de tickets de caisse, de magazines gardons-nous inutilement ? jusqu’à ce qu’ils nous étouffent…
L’homme a cette fâcheuse manie d’éloigner de ses yeux ce qui le dérange, l’incommode, l’inconforte.
Il jette à la face des autres l'essence de son humanité, il substitue cette vision négative de lui-même car il se dégoûte.
Mais quoi qu’il fasse, ses propres déchets finissent toujours par lui revenir et le côtoyer.
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Microcosmos
Posté par orchea le 30/03/2006 à 05h44

Ça devait arriver…
Ça y est ! C’est le début de l’aliénation…
En ce moment, je vois ce que je ne suis pas censée voir…
J’ai basculé dans une autre échelle…
En fait, je crois que je suis en train de me transformer en particule microscopique.
Je LES vois.
J’ai accédé à LEUR monde.
Avant, je connaissais leur présence sans m’en préoccuper outre mesure, mais là, je commence à penser que les microbes ont une mission, celle de nous éradiquer !
Nous sommes infestés par ce microcosmos, les microbes nous côtoient et nous parasitent !
Quand je dois ouvrir une porte, j’y pense à deux fois avant d’attraper la poignée, je la regarde et je les vois ! Ils me regardent sournoisement, ils sont verts ou gris et ils ont des crocs, et de la bave partout.
Y a plusieurs espèces dans leur monde, parce que j’en vois d’autres, des longilignes qui n’ont pas d’ yeux. Ce sont sûrement les gentils du monde microscopique. Y a des ovales aussi mais, apparemment, ceux là, ce sont des attardés mentaux inoffensifs.
Et les acariens, j’en vois aussi, sur mon oreiller, sur mes draps, sur mon lit… ils laissent leur crotte partout, ils se nourrissent des fibres de mes tissus et je m’imagine des bébêtes dans mes cheveux, sur mes vêtements… partout, partout, PARTOUT !!!!
Je suis dégoûtée à l’idée de penser qu’à chaque fois que je touche quelque chose, ils se servent de moi comme d’un bus pour aller ailleurs… En fait, les transports en commun des bactéries ce sont nous, les humains ! Elles guettent l’arrivée d’un humain et sautent dessus pour étendre leur invasion.
Même l’eau du robinet commence sérieusement à me faire peur, j’en vois qui nagent tranquillement… ou dans la bouffe qui bronzent pendant la cuisson… ils pénètrent dans notre corps, se mêlent à notre propre flore et un vrai melting pot se crée en nous, nous sommes plus cosmopolites qu’une grande métropole, nous sommes une zone d’échange !!!
Et l’argent… à travers combien de mains ça a du passer avant d’atterrir dans les miennes !
A chaque fois qu’on me rend la monnaie, j’imagine le parcours de cette pièce...
Un morveux enrhumé qui éternue, un liquide verdâtre lui sort du nez, il cherche, en vain, un mouchoir et puis…hop! ni vu ni connu, il essuie d’un mouvement machinal de la main, puis il se souvient qu’il doit acheter le pain, il paye avec cette pièce… le relais est passé… l’épicier prend la relève… un mec vient acheter du yaourt, l’épicier lui rend la monnaie, et la pièce passe entre les mains de ce type, qui, j’ai oublié de le préciser, a la fâcheuse manie de jouer avec son zizi et vient juste de finir sa branlette, puis il payera avec cette même pièce son journal du dimanche. Le vendeur de journaux, surpris aux toilettes, sortira sans se laver les mains et la transmettra à un autre type, qui payera avec son cappuccino et ainsi de suite jusqu’à ce que, par une conjoncture cosmique, cette pièce se retrouve entre mes mains.
Cette putain de pièce infestée jusqu'au trognon m'était donc destinée?
Mais elle ne s’arrêtera sûrement pas à moi, elle se chargera encore de mes microbes pour parasiter d’autres victimes…
Même dans l’air, je les vois, ils se déplacent toujours en horde, pour nous envahir plus rapidement et ils ne font que baiser à longueur de journée pour faire des gosses, qui instinctivement sont programmés à parasiter encore et encore !
Baiser pour parasiter ! Voila la vie d’un microbe !
Combattons les bactéries, les virus, les champignons et tout autre peuple lilliputien ! Voila à quelle cause nous devons nous rallier, Humains !
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Podophobia
Posté par orchea le 07/03/2006 à 05h39

J’ai un problème avec les pieds ! C’est pire qu’un problème, c’est une phobie…
Oui, j’ai la phobie des pieds ! Et je l’assume pleinement.
Ca a commencé, en fait, par une incompréhension vis-à-vis des pieds. Tout me paraît bizarre chez eux, à commencer par les orteils !
Pourquoi des orteils ?
Pourquoi on n’aurait pas des palmes?
A quoi servent-ils ces orteils ?
Et surtout le dernier, le tout petit, minuscule chez certains, on a l’impression qu’il s’excuse d’exister. Il est tout recroquevillé et replié sur lui-même, l’air de dire « faites pas attention à moi, chui juste là, comme ça… »
Mais, il a beau vouloir passer inaperçu, ben c’est toujours lui qui cogne en premier la table ou la chaise quand on marche pieds nus ! Et en plus, cet enfoiré, il fait super mal !
Alors, comme orteil invisible, j’ai connu mieux ! C’est plutôt « faites pas attention à moi mais je vais vous pourrir la vie »…
Le pire, chez ce petit orteil, c’est l’ongle !
Déjà, impossible à couper sans que tu t’enlèves un bout de peau avec.
Et, chez certaines personnes, l’ongle c’est tout sauf un ongle, un petit gribouillis tout dur, aux nuances jaunâtres. Comme si, lors de notre conception, c’est par là qu’on a fini de nous tracer. Le coup de pinceau final, comme le bout d’une crotte en tourbillon (c’est plus fort que moi !!).
En plus, chez nous, les femmes, pour mettre du vernis sur l’ongle minuscule de l’orteil minuscule, bonjour la galère : c’est comme vouloir peindre la couille droite d’une fourmi.
A part ça, le pied en lui-même est rebutant…cette forme d’obus et surtout quand tu vois que certaines personnes ont des pieds de Hobbit, des pieds plats avec des poils qui sortent de partout et des orteils qui vont dans tous les sens.
Mais c’est plus fort que moi, je ne supporte pas la vision des pieds, et encore moins celle de leur contact.
Même quand la personne porte des chaussettes super propres, impossible qu’elle me touche avec ses pieds. Et je ne supporte même pas de porter les chaussures d’une autre personne!
Alors, bien sûr, en été, quand tout le monde se met à ses tongs…c’est le musée des horreurs !
Je passe mon temps à regarder les pieds des gens, et je ne supporte pas voir un gros orteil qui dépasse tous les autres.
Ya un truc aussi que je supporte pas, c’est les gens qui parlent en bougeant les orteils, les doigts de pied en éventail ça me tue !!
Mais alors, quand je m’imagine tous les champignons que peut recéler un pied, ça me donne carrément envie de gerber. Surtout ces espaces entre les orteils, le havre de paix des champignons, bien au chaud, tranquilles, un vrai camp de vacances.
Bon, promis, bientôt j’irais voir un toubib…