Besoin d'ailleurs

Posté par orchea le 10/09/2006 à 05h56
J’ai envie de partir.

Envie de faire du mal sans que ce soit mal.
Envie de tuer, de torturer, de faire souffrir.
Envie de sourire, de faire rire, de mourir de rire.
Envie de vivre sans conscience, de m’abrutir et de m’adonner à des plaisirs bestiaux.

J’ai envie d’un endroit où, en guise de bienvenue, des Orchidées multicolores se mettraient au garde à vous.
Les arbres, les fleurs, les insectes me parleraient, les animaux danseraient et les plantes se tortilleraient au gré du vent.

Je n’aurais plus à subir les cafés entre filles où chacune parlait de son parfait petit bonheur en croyant que tout le monde était content pour elle. Je n’aurais plus à m’enticher du rôle de l’amie qui se réduisait à un « Ah oui ? Félicitations » et à des sourires figés de Miss Languedoc-Roussillon.

Je plongerais mes doigts aux ongles fraîchement manucurés dans du sable chaud et j’entendrais le bruit lointain des enfants qui se chamaillent à propos d’une pelle ou d’un râteau.
Je marcherais, sans faire exprès, sur le château de sable qu’ils construisent depuis des heures et j’éprouverais cette jouissance en voyant une immense tristesse envahir leur visage pour les amadouer d’un simple sourire.

Je m’allongerais sur un hamac, les doigts de pied en éventail et siroterais des cocktails aux mille et une couleurs avec un parapluie en plastique fait par des enfants chinois maltraités dont je me foutrais éperdument.

Je chasserais et dévorerais tous les animaux sans me soucier de la chaîne alimentaire, je privilégierais les espèces en voie de disparition. Je les dépècerais impunément et me couvrirais de leur fourrure. J’éprouverais un malin plaisir à entendre les insectes et les lézards craquer sur le feu crépitant, noircir et devenir croustillants.

Je ressentirais l’adrénaline après avoir plongé, comme chaque matin, du Choco tom dans une tasse de lait bien chaud et l’avoir ressorti victorieusement juste avant qu’il ne se fracasse.

Je courrais nue dans la Nature et sentirais mon corps ferme répondre au moindre de mes mouvements et mes seins rebondir frénétiquement. Je voudrais alors voir Pedro* courir nu dans l’autre sens, le sexe pendant, afin de me perdre dans ses bras musclés.

Mon autre bonheur du matin serait de voir Pedro (le sexe toujours aussi pendant) en peignoir blanc lisant le journal du matin en buvant son jus d’orange maltaises fraîchement pressées et l’entendre dire « C’est malheureux tous ces morts » puis se tourner vers la page sport.

Dans un élan, je me casserais une noix de coco sur le crâne sans me faire mal et boirais son lait en le laissant voluptueusement couler sur mon corps bronzé.
Je surprendrais alors le regard plein de désir de Pedro (le sexe pendant de l’autre côté) en voyant cette scène et je ferais ma difficile en le laissant croire que j’ai juste besoin de tendresse.

Mon degré de désensibilisation sera tel que plus rien ne me préoccupera autant que ma petite personne. Ni la faim, ni la misère, ni les guerres, ni les catastrophes naturelles n’auront d’effet sur moi.

Les amies se réuniront autour d’un café sans moi, les hommes poursuivront leurs croisades en s’entretuant avec barbarie et les morts continueront à se faire manger par les vers… Moi, je serais enfin libre, car subir ce monde est le plus grands des fardeaux.

(*)Pedro est un mec indescriptible, mais crois-moi il est parfait !




Pas de commentaires

Postez votre commentaire :


Les messages seront validés par le modérateur avant d'être publiés.





Saisissez le code de sécurité suivant avant de poster:

captcha

 


Rss Feed