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Madame N. : Au commencement...
Posté par orchea le 03/03/2006 à 05h38
Vous vous souvenez sûrement de la chère Madame « je pète dans la soie », qui parlait « français » dans ses soirées mondaines. Nous l’appellerons Madame Naziha (un prénom typique de bourge tunisienne).
Madame Naziha est très riche. Contrairement à Dame Nature, qui lui a offert 120 kg d’amas graisseux équitablement distribués sur toute la surface de son corps, la vie l’a bien gâtée sur le plan matériel.
Il faut dire qu’elle a un peu forcé le destin. Son mari, elle ne l’a pas connu au détour d’une rue, dans un café ou à la sortie d’une pièce de théâtre, mais à travers le speed dating made in Tunisia : tu entres avec un gâteau, tu ressors avec une femme.
En ce temps là, Mademoiselle Naziha était une jeune fille, qui se cherchait.
Elle coulait ces interminables heures d’école à regarder le prof, comme on regarde un aquarium, émerveillée par une intelligence qu’elle n’aura jamais. C’est certain, ils vivaient dans deux mondes parallèles.
Tous ces chiffres et ces mots enchaînés dans une suite illogique, ça ne passait même pas à travers le filtre de sa cervelle. Ca sortait directement par un canal
« déchets » (la nature fait si bien les choses).
Ses parents avaient fini par se rendre à l’évidence : cette troisième enfant n’était toujours pas l’espoir tant attendu de la famille.
On lui avait alors fait connaître un cousin lointain, d’une mocheté digne d’un portrait de Picasso, un type « cubique », c’est le mot !
Mademoiselle Naziha était, il faut le signaler, « baisable », malgré la bouée de graisse qu’elle portait autour de la taille et la cellulite qui formait des vagues à faire pâlir de jalousie les plus grands surfeurs.
On ne pouvait pas en dire autant de son « Cube », il était et restera laid. Un thon !
Mais l’argent a cette magie qui vous transforme un rat d’égouts en étalon pur sang arabe.
Elle n’était pas obligée de le regarder quand ils feraient l’amour, si tant est qu’ils aient une vie sexuelle.
Le sexe, c’est désuet devant toutes les ouvertures sociales que vous offre l’argent.
Une pirouette de temps à autre pour satisfaire quelques pulsions primaires et puis voila.
Surtout que, pour lui dire des mots doux, quand elle se sentait l’âme romantique, elle n’était pas obligée d’être sincère. Dire, c’est une chose, penser ce qu’on dit, c’est tout autre chose…
Elle accepta bien sûr… et lui, s’empressa d’en faire de même, de peur que sa cécité provisoire ne finisse par guérir.
Un mariage, où il ne manquait plus qu’une partie de « torchade de cul » aux billets de 30 DT, tant le faste ne laissait pas indifférent. Et voila notre souillon, Mademoiselle Naziha, transformée en Madame Naziha, reine des folles nuits de Tunis.
Madame porte la fourrure comme un militaire porte l'uniforme. Quand on la voit on ne peut s’empêcher de penser que ça vaut bien les trois visons et deux renards sacrifiés. Sur eux, ça ne donnait pas le même effet, ça passait trop inaperçu.
Chez ses amis, sevrés au caviar et au champagne, elle se sent dans son monde. Elle nourrit ses conversations d’éclats de rires (hypocrites, cela va sans dire). Elle enchaîne cigarette sur cigarette, et débat toujours sur des questions existentielles : « Où passer ses prochaines vacances quand on a fait le tour du globe ? », « A quand la nouvelle Série 7 de chez BMW ? ».
Mais Madame sait poser ses questions de manière dramatique et affectée, on compatirait presque.
Décidemment, nous n’avons pas les mêmes valeurs…