Mon blogoversaire

Posté par orchea le 30/12/2006 à 06h04
Voilà! Déjà un an que j'ai débarqué sur la blogosphère.

Le but de ce blog était de décrire l'humain dans ses absurdités: rire des autres et rire de moi-même. Tout est dans la critique, la dérision, le cynisme et surtout l'exagération.
Je continuerai je l'espère dans cette voie, si la vie m'en laisse le temps.

Merci à tous mes lecteurs pour leurs commentaires, merci à tous les anonymes pour leur passage.
J'attends vos remarques, vos suggestions et vos critiques.
Et pourquoi pas aussi, me dire quel est votre post préferé de moi et celui que vous détestez le plus!!

Joyeux anniversaire à mon bloguinou chéri et encore merci à tous!

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Pélerinage à Paris

Posté par orchea le 16/12/2006 à 06h03
Madame Naziha avait passé ses innombrables nuits d’insomnie à imaginer la maîtresse de son mari : une pin-up extravertie à la beauté insultante et au charme ravageur ? Une de ces femmes inaccessibles que les frustrés collent en poster dans les murs de leurs chambres ? Une de ces beautés typées sur lesquelles tant d’hommes fantasment en libérant leur semence infertile ?

Zohra, la voyante, l’avait un peu rassurée en lui rappelant que Si Lamine, son mari, pourrait être un probable fils caché de Fernandel et d’Alice Sapritch et que cette femme qui semblait lui tourner autour, était, à l’évidence, plus proche de la caricature que du portrait.

Elle était sortie du cabinet de Zohra plus déterminée que jamais. Car Madame Naziha était une battante, elle avait, malgré sa corpulence de cachalot, gravi toutes les marches de l’échelle sociale. Du haut de cette échelle, sa situation passée lui donnait des vertiges. Elle ne pouvait résolument pas retourner à son ancienne condition. Le souvenir pesant de ses cours de maths avec la voix lugubre de Monsieur Laamouri débitant des théorèmes de Grecs aux noms si compliqués à retenir la motivait encore plus qu’un Roger Lemaire. Son « Pythagore » gore gore gore résonnait dans sa boîte crânienne évidée. Même les échos la narguaient en lui rappelant le tragique de sa situation.
Malgré son asthénie nerveuse, elle avait fini par se rendre à l’évidence : sans Si Lamine elle n’était plus rien. Il l’avait peut-être trompée oui, et alors ?! N’était-ce pas en fin de compte un passage obligé pour toute femme? Et puis, c’était rassurant pour elle de se dire que même Hillary Clinton avait vécu cette expérience et le couple ne s’en portait que mieux depuis. Qui sait, sa Lewinsky à elle s’était peut-être aussi contentée de quelques douceurs sous le bureau. Il n’y avait vraiment pas de quoi en faire une choucroute !

Maintenant, elle ne demandait qu’à oublier ce triste passé.

La distribution naturelle des caractères génétiques fait qu’il existe pour les deux sexes un raccourci dans les processus de guérison du mal-être. Comme dans les jeux vidéo, où une astuce du type « CTRL+ALT+F4 » peut vous envoyer directement au niveau 3 du jeu sans affronter le monstre à huit têtes et la pieuvre aux mille tentacules, Dieu, dans son infinie miséricorde, a mis en place un raccourci dans le long chemin de l’oubli.
Chez le mâle, les choses sont simples, voire primitives. Un homme peut tirer un trait sur ses problèmes les plus angoissants avec une simple partie de jambes en l’air. Tout homme vous le dira, le sexe c’est salutaire.
Chez la femme, ce raccourci existe aussi, quoi que, vous en conviendrez, une femme nécessite un peu plus de moyens. Toute femme dont l’avenir peut sembler incertain à T-1 peut, si vous lui mettez une carte de crédit entre les mains à l’instant T, voir son futur devenir aussi rose qu’une layette de bébé. C’est connu, seul le shopping peut remettre une femme d’appoint et encore plus quand il s’agit d’une Naziha qui commence à se lasser de ses dix fourrures.

Voilà donc notre chère Madame Naziha embarquant sur le vol TU 714 à destination de Paris-Orly pour un séjour des plus prometteurs. Bien entendu, nous ne reviendrons pas sur les conditions dans lesquelles elle a obtenu le visa tant convoité pour la France. Faire la queue au consulat, donner des papiers justificatifs, attendre au milieu de la populasse, ce n’est pas pour elle. Payer quelqu’un pour lui ramener son passeport orné d’un Visa d’un an, ça c’est elle.
Une Naziha ne paye jamais un billet en première classe, mais bizarrement on retrouve toujours les Naziha en 1ère classe. Car une Naziha connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît le pilote, le Steward ou l’hôtesse et qui viendra indiscrètement la déplacer sous le regard frustré de la classe économique. De toute façon, en 1ère classe ou ailleurs, la nourriture sera toujours aussi infecte. Mais entre un saumon insipide et un poulet au goût de vomi, le saumon passera toujours mieux.
Qu’on se rassure, Madame Naziha fera très bon voyage. Mais une Naziha ne vous dira jamais qu’elle a fait « bon voyage ». Elle se plaindra toujours du type à coté d’elle, de l’hôtesse impolie ou des perturbations atmosphériques.

En foulant le territoire français, Madame Naziha change inéluctablement de statut. Elle n’est plus qu’une simple citoyenne tunisienne, contrainte de subir les contrôles douaniers et policiers. Adieu les ordres, les privilèges, le luxe, les voitures avec chauffeur, le personnel, les dîners dans les restaurants les plus chics, le soleil, les résidences secondaires. Bonjour le métro, la misère, les SDF, l’exiguïté, le froid que même la fourrure d’un troupeau de renards ne peut masquer.
C’est dans ces moments là que Madame Naziha prenait conscience de son influence dans son pays. A Tunis, elle pouvait tout acheter avec son argent, même les administrations. Ici, elle n’était qu’une vulgaire consommatrice dont le pouvoir d’achat avait diminué de moitié.

A peine arrivée, et dans une aliénation quasi bestiale, elle dévalise C&A et H&M. Pour ses amies, elle dira que c’est du D&G, à quelques lettres près.
Elle traque désespérément la moindre ristourne : -30% chez TATI, elle entre tout de suite. Les chaussettes et les culottes de grand-mère passent avec elle en caisse. C’est pas avec ça qu’elle reconquérra Si Lamine, mais ce qui n’est pas cher vaut forcément le coup.
Sa fièvre acheteuse pouvait exploser un thermomètre.
Elle se permettait tout ce que son rang lui interdisait de faire à Tunis car ici, personne ne la connaissait.
Dans les rues de Strasbourg St Denis, parmi les putains siliconées, maquillées comme des voitures volées et se tortillant dans le froid sibérien, elle entre dans chaque magasin, achète les faux bijoux, les sacs et les foulards de ces chinois qu’elle méprise. Dans la rue, elle évite le regard des noirs et autres minorités hostiles.

Madame Naziha achète, donc Madame Naziha vit.
Dans un victorieux « Veni Vidi Vici », elle se sentait renaître.


En attendant le métro, elle jette un œil sur les affiches : « Venise et l’Orient » à l’Institut du Monde Arabe, Exposition sur les peintres impressionnistes dans une galerie d’Art. Mais il y a mieux à faire à Paris. Le cinéma, le théâtre, l’opéra, les spectacles, les expositions, Madame Naziha vivait dans un monde parallèle à tout cela. Le tourisme culturel, elle n’en soupçonnait même pas l’existence.

Au retour, ses excédents de bagages la font même sourire, ils représentent la valeur ajoutée de son pèlerinage dans la capitale mondiale du textile. Elle est fière de tout ce tas de vêtements qui lui permettra de se redorer le blason. Madame Naziha était devenue une association à but non lucratif : elle avait dépensé les dons de son mari pour son émancipation sociale.

Avant de monter dans l’avion, Madame Naziha fait un passage obligé par le Free shop pour les chocolats, habitude tunisienne ringarde et obsolète, quelques bouteilles d’alcool pour les apéro’, des cigares et des cigarettes pour les amis.
Dans sa précipitation, notre Madame Naziha va évidemment oublier son sac à main et créer une alerte au bagage abandonné sans se soucier de rien. Malgré plusieurs appels dans tout l’aéroport, c’est en cherchant son briquet qu’elle s’apercevra de la perte de son sac et se précipitera hors de l’avion pour le récupérer.

Tant que des Naziha prendront l’avion, Tunisair affichera des retards.

Arrivée chez elle, Madame Naziha reprend sa place sur le trône. Paris c’est bien, mais juste pour frimer à Tunis.

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Coming Soon: Mme Naziha, le retour

Posté par orchea le 14/12/2006 à 06h03
Précédemment dans "Mme Naziha, chronique d'une vie de bourgeoise tunisienne".


Mme Naziha, bourgeoise tunisienne a épousé Si Lamine, riche homme d'affaires.
Lasse de sa vie de potiche, elle s'est passionnée pour l'Art.
Malheureusement, son bonheur se conjugua au passé lorsqu'elle commença à soupçonner l'infidélité de son mari.
Il ya plusieurs semaines, elle finit par se convaincre d'aller consulter Zohra, une voyante aux dons extraordinaires.

Nous l'avions laissée terrorisée, et abattue.

Que s'est-il passé depuis?

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Endless Love

Posté par orchea le 29/10/2006 à 06h02
Je t’aime comme le jour, je t’aime comme l’amour

Non ! Tout ça ne veut rien dire… mon amour

Moi je t’aime tellement que je voudrais te tuer pour t’éterniser
Je t’écartèlerais pour que tes bras puissent faire le tour de nos corps enlacés
Et je me vengerais de toutes ces fois où nous avions été séparés

Je cueillerais à la racine tes cheveux un à un
Je les planterais dans un immense champ que je cultiverais patiemment
Je m’inquiéterais du trop beau temps et du manque de précipitations

Je te dépècerais et coudrais tes morceaux de peau
Je me couvrirais de toi et m'endormirais en te serrant fort
Ta peau me réchauffera dans mes longues nuits d’hiver
Tout comme elle le faisait du temps où tu étais là

J’arracherais en douceur chaque partie de ton corps
J’en ferais des bijoux plus précieux et plus éblouissants que des joyaux de Tsar
Je porterais tantôt ton œil en pendentif orné de perles
Tantôt un bracelet de tes dents serties de diamants

Je cacherais jalousement ton sang dans une coupe
Qui déchaînera des quêtes plus passionnées que celle du Saint Graal
Car ton sang est aussi sacré que celui des Dieux
Et j’accéderais à la vie éternelle en y goûtant… Ô mon amour

Je couperais ton pénis et en ferais le plus jouissif des objets sexuels
Il guérira les impuissances et les frigidités les plus désespérées
Je couperais tes mains et me les passerais sur le corps chaque soir
Ainsi, je ressentirais tes douces caresses qui me faisaient trembler de plaisir

J’enlèverais avec la plus grande délicatesse ton coeur encore palpitant
Et je l’intégrerais dans un mécanisme qui en fera la plus précise des horloges
Tes pulsations seront mes secondes, mes heures, mes jours, mes années
Je vivrais au rythme des battements de ton coeur… mon amour

J'organiserai tous les ans un dîner à ton souvenir
Je servirais à chaque fois une partie de toi
Je te déboucherais comme une bouteille digne des plus grands vignobles
Mais tu vaudras plus cher que tous ces crus exceptionnels

Tu seras toujours avec moi
Car la seule façon de te garder en vie, c’est de te donner la mort...mon amour

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Hommage à un Troubadour

Posté par orchea le 25/10/2006 à 06h01
Vents

Je suis brume, je m’extirpe de lui dans un souffle.

Soleil
Je fonds. Le sang gicle de la dilatation de ma pupille.
La veine porte se rétracte.
Ça sent la cataracte.

Feu
Je griffonne les mots avec la bile de ma bille.
Je suis noire comme ce jour de décembre.

Eau
Je me noie.
Il me regarde sans dire mot.

Regards
Silences

Regards
Silences

Regards
Il part

Je reste.



Vous n’avez rien compris à ce texte ? BEN MOI NON PLUUUUUS !!

C’est tout simplement un charabia que j’ai inventé pour exprimer la profondeur des textes de la troublante Troubadour que nous simples Humains ne pouvons comprendre.

Cette femme a du génie. Souvenez-vous d’elle et vantez-vous d’avoir pu lire un de ses textes, car elle fera un long chemin.

Je rêve du jour où ton génie sera reconnu et où ta plume s’émancipera et prendra sa place dans le trône qu’elle mérite.

Joyeux anniversaire à la plus merveilleuse et la plus compréhensive des meilleures amies.

Je t’adore… non, Je t’aime !

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Ondes Négatives

Posté par orchea le 09/10/2006 à 05h58
Ne voyez-vous pas tous ces moins qui m’entourent et se dégagent de moi ?

Je suis un ion.

Avant, j’étais le plus redouté des cations.
Le cuivre m’enviait, le fer me jalousait.
Dorénavant, je ne suis plus qu’un minable petit anion.
Le chlore rit de moi, le sulfate se moque de moi.

Toi, petite créature métallique, viens me redonner ma neutralité.
Enveloppe moi de tes pensées positives.
Partage avec moi tes surcharges électriques.
Recharge moi de l’intérieur.

Quant à toi vilain ion chloré, éloigne toi de moi.
Je ne veux plus avoir affaire à des moins que rien.
Je veux un plus.
Et je n’en demanderais pas moins.

Je me suis recroquevillée.
Je serais un zéro, mais pas nulle pour autant.
Je serais une sphère ; les moins n’en seront que moins nombreux.
Plus de recoins où ils pourraient se cacher.

Ou peut-être la solution
est-elle de mettre les gaz
Et être plus solide?

J’irais de moins en moins mal.
Je serais de plus en plus bien.
Et je finirais par être plus ou moins moi.

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Approche préliminaire

Posté par orchea le 24/09/2006 à 05h57
L’occasion ne pouvait être plus belle, tel un oisillon qui attend sa sortie

de l’œuf, Orchea m’offre la possibilité de me dévoiler à vous.

Finalement ma « déambulation » à travers les chemins de la vie m’aura donné
l’opportunité de m’exprimer en milieu ami et continuer à tenter d’avancer
dans les dédales du futur.

Pour vous donner en quelques mots une ébauche de mon identité, j’ai répondu
présent il y a quelques jours à l’appel lancé par Orchea à la recherche de
Superman et après plusieurs lectures des critères et conditions ennonçées et
requises j’ai cru reconnaître quelques unes dans le profil, et voilà
qu’elle vous donne la possibilité aujourd’hui d’être nos témoins. D’être des
acteurs positifs à l’amorçage de cette prise de contact…Quoi de plus beau en
cette période de spiritualité renforcée.

Orchea est une fille pas comme les autres, elle lutte contre la médiocratie
et comme vous le savez elle ne se suffit pas « des queues de câpres » elle
veut le zest, la mousse de la crème, l’humus….Ceci est une chose bien
difficile de nos jours, des jours ou le matériel a enrobé l’esprit des gens
et ou les signes extérieurs de richesse l’ont emporté sur la profondeur, la
sérénité et l’harmonie sans sophistication.

Mon but dans la vie n’est pas l’accumulation de rendez vous tout azimut ni
l’extériorisation à outrance au point de fatiguer mon auditoire si même
l’abus du culte de la personnalité et de glorification, non ! Je laisse cela
à d’autres blogeurs qui excellent dans l’art, je passe seulement par là et
me réjouis de l’instant t et c’est déjà ça.

Sans prétendre rivaliser avec mes concitoyens lecteurs de ce blog, que sais
je potentiels soupirants peut être, j’ai l’orgueil de leur dire que je me
battrai tel un vaillant cavalier avec seule arme celle de jongler avec les
mots et ne conjuguer à la première personne que pour plaire à mon hotesse.

Des lectrices de ce blog, probablement un gotta intellectuel de la gente
féminine à l’esprit vif, actives et dynamiques je serai toujours à l’écoute
pour conseils et points de vues afin de débattre sur les approches qui
pourraient me rendre encore plus à la hauteur de la tache ou je me suis
empêtré.

Inouite

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L'invité de la mariée

Posté par orchea le 17/09/2006 à 05h57
Qu’elle est belle cette mariée aux mains couvertes de henné

Qu’elle est belle cette mariée habillée comme une poupée
Qu’elle est belle cette mariée maquillée comme une traînée
Qu’elle est belle cette mariée prête à se faire baiser et enculer

Ce mariage est nul à chier mais vous y avez été convié
Il faut maintenant simuler et faire croire à l'assemblée
Que vous êtes ravis d'y assister et l'attendiez depuis des années
Et que vous êtes l'invité le plus heureux pour la mariée

Dégustez sans dégueuler tous ces infects petits salés
Buvez un coup pour faire passer le goût amer de cette soirée
Regardez-la et souriez, n’oubliez pas que vous êtes filmés
Les regards sont aux aguets et les mémoires sont programmées

Faites de la place à la mariée qui peut à peine se déplacer
Regardez la se tortiller dans sa keswa… Quelle mocheté !
Appréciez la voix étriquée de ce chanteur de karaoké
Mais les critiques acidulées c'est pour l’after de la soirée

Applaudissez et déhanchez au son des rythmes endiablés
Ne restez surtout pas assis même si vous ne savez pas danser
Louez une robe, maquillez vous, faites une coiffure et dépensez
Mais sachez que quoi que vous fassiez vous serez vite oublié

Au final elle s'est mariée mais elle les aura bien gonflés
A ces centaines d'invités qui n'ont fait que se moquer
De cette mémorable soirée digne d'un prince héritier
Ou plutôt d'une employée épousant un ouvrier


Ne restera de cette soirée que toutes ces dettes impayées
Les critiques et les commérages des ménagères frustrées
La VHS démodée et les souvenirs lobotomisés
D’une chaude nuit de juillet d’on ne sait plus quelle année

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Besoin d'ailleurs

Posté par orchea le 10/09/2006 à 05h56
J’ai envie de partir.

Envie de faire du mal sans que ce soit mal.
Envie de tuer, de torturer, de faire souffrir.
Envie de sourire, de faire rire, de mourir de rire.
Envie de vivre sans conscience, de m’abrutir et de m’adonner à des plaisirs bestiaux.

J’ai envie d’un endroit où, en guise de bienvenue, des Orchidées multicolores se mettraient au garde à vous.
Les arbres, les fleurs, les insectes me parleraient, les animaux danseraient et les plantes se tortilleraient au gré du vent.

Je n’aurais plus à subir les cafés entre filles où chacune parlait de son parfait petit bonheur en croyant que tout le monde était content pour elle. Je n’aurais plus à m’enticher du rôle de l’amie qui se réduisait à un « Ah oui ? Félicitations » et à des sourires figés de Miss Languedoc-Roussillon.

Je plongerais mes doigts aux ongles fraîchement manucurés dans du sable chaud et j’entendrais le bruit lointain des enfants qui se chamaillent à propos d’une pelle ou d’un râteau.
Je marcherais, sans faire exprès, sur le château de sable qu’ils construisent depuis des heures et j’éprouverais cette jouissance en voyant une immense tristesse envahir leur visage pour les amadouer d’un simple sourire.

Je m’allongerais sur un hamac, les doigts de pied en éventail et siroterais des cocktails aux mille et une couleurs avec un parapluie en plastique fait par des enfants chinois maltraités dont je me foutrais éperdument.

Je chasserais et dévorerais tous les animaux sans me soucier de la chaîne alimentaire, je privilégierais les espèces en voie de disparition. Je les dépècerais impunément et me couvrirais de leur fourrure. J’éprouverais un malin plaisir à entendre les insectes et les lézards craquer sur le feu crépitant, noircir et devenir croustillants.

Je ressentirais l’adrénaline après avoir plongé, comme chaque matin, du Choco tom dans une tasse de lait bien chaud et l’avoir ressorti victorieusement juste avant qu’il ne se fracasse.

Je courrais nue dans la Nature et sentirais mon corps ferme répondre au moindre de mes mouvements et mes seins rebondir frénétiquement. Je voudrais alors voir Pedro* courir nu dans l’autre sens, le sexe pendant, afin de me perdre dans ses bras musclés.

Mon autre bonheur du matin serait de voir Pedro (le sexe toujours aussi pendant) en peignoir blanc lisant le journal du matin en buvant son jus d’orange maltaises fraîchement pressées et l’entendre dire « C’est malheureux tous ces morts » puis se tourner vers la page sport.

Dans un élan, je me casserais une noix de coco sur le crâne sans me faire mal et boirais son lait en le laissant voluptueusement couler sur mon corps bronzé.
Je surprendrais alors le regard plein de désir de Pedro (le sexe pendant de l’autre côté) en voyant cette scène et je ferais ma difficile en le laissant croire que j’ai juste besoin de tendresse.

Mon degré de désensibilisation sera tel que plus rien ne me préoccupera autant que ma petite personne. Ni la faim, ni la misère, ni les guerres, ni les catastrophes naturelles n’auront d’effet sur moi.

Les amies se réuniront autour d’un café sans moi, les hommes poursuivront leurs croisades en s’entretuant avec barbarie et les morts continueront à se faire manger par les vers… Moi, je serais enfin libre, car subir ce monde est le plus grands des fardeaux.

(*)Pedro est un mec indescriptible, mais crois-moi il est parfait !

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Mon homme, ce héros

Posté par orchea le 22/08/2006 à 05h56

Mon homme, ce héros

 

Pourquoi les super héros n’existent que dans les films ?
Pourquoi je ne rentre pas chez moi chaque soir en Batmobile ou dans les bras d’un homme volant ?
Pourquoi je ne partage pas ma vie avec un homme qui soit employé de banque le jour et Justicier masqué la nuit?

Et pourtant je ne suis pas très exigeante ! UN super pouvoir, rien qu’un seul !
N’importe quel truc magique dont je pourrais me vanter !
Qu’il pète du souffre, qu’il chie des tomahawks, qu’il pisse de l’acide, qu’il sache jongler avec ses couilles, que ses tétons lâchent des missiles, que son crachat contienne un poison mortel. Est-ce vraiment trop demander ?

Je veux un homme qui posséderait un pouvoir rien qu’à lui, que lui envierait la Terre entière et avec lequel il pourrait combattre tous les méchants.

Je veux un homme avec qui je vivrais dans une ville obscure où le mal règnerait en maître et qui répondrait au doux nom de Gloris City.

Je veux un homme dont l’armoire possèderait un compartiment secret qui contiendrait tous ses costumes de super héros ! Non, je n’ai pas honte de le dire, je veux un homme qui porte des collants mettant en valeur son organe génital au repos.

Je veux un homme qui ne rentre pas par la porte après le boulot ! Qu’il rampe, qu’il traverse les murs, qu’il se téléporte ! Un truc moins prévisible et moi routinier que son « toc totoc toc » pour m’avertir que c’est bien lui qui se trouve derrière la porte, chose que j’aurais de toute façon devinée vu qu’il rentre chaque soir à 18h27 tapante.

Je ne veux plus d’hommes qui pissent dans leurs frocs à la vue d’un type louche au coin d’une rue légèrement sombre.

Je ne veux pas d’une racaille qui a connu un exode dentaire, avec un tatouage représentant un dragon crachant du feu et des inscriptions gothiques indéchiffrables et dont le corps a soigneusement gardé les traces de toutes ses sorties de boîte !

Je ne veux pas d’un homme qui se booste au Shark et au Red Bull. Je veux un homme naturellement fort, qui ait l’allure d’un héros sans pour autant avoir un passé de videur de boîte de nuit et musclé sans être accro aux anabolisants.

Qu’une fille qui n’a jamais fantasmé sur un mec dont l’intérieur des ongles est recouvert de sang coagulé et de bouts de peau ou qui n’a pas salivé au moins une fois sur les dents métalliques de Joey Starr me jette la première pierre !

Je veux un homme qui me sécurise et me fasse vivre une idylle passionnée. Je veux un homme hors du commun. Je veux un HOMME !

Où est cet amour passion qui vous transperce le cœur, habite chaque infime partie de votre corps, vous ronge de l’intérieur ?

Toi, homme fort, fais moi rêver ! Rends moi invisible, change moi de couleur, transforme moi en poireau, étonne moi !! Je veux me sentir exceptionnelle à travers toi !

L’orchidée a besoin de vivre dans l’illusion.
L’orchidée est une fleur bleue.

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Check up médical

Posté par orchea le 25/06/2006 à 05h54
Je suis à refaire ! Un vrai gâchis !! Le genre de personnes qui constitue une véritable entrave à l’évolution humaine. Si Noé devait reconstituer un monde, il commencerait par me mettre de côté et choisirait dans ce qui reste. Pourquoi ?!


J’ai un sérieux problème de dos qui remonte à ma plus tendre, mais néanmoins mouvementée, enfance, quand j’ai dévalé les escaliers pieds nus alors que le sol était mouillé. Après avoir accompli un triple salto piqué, que personne n’a eu la présence d’esprit de filmer, je suis tombée assez rudement sur le dos. Les radios ont montré une curiosité scientifique en bas du dos, une déviation bizarroïde de la colonne vertébrale.

En sortant de mon école, quand j’avais 7 ans, un taxi m’a roulé sur la jambe.
Résultat des courses ? Fracture de la cheville, plâtre pendant 4 mois. Bon j’avoue que c’était quand même un sacrifice qui en valait le coup, vu tout l’intérêt qu’on m’a porté après cet accident.
J’étais la Che Guevara de mon école. La fille qui avait donné de son corps pour l’Humanité ! Ben oui, c’est quand même grâce à moi qu’il existe depuis un passage piéton devant cette école. Un jour, peut-être que j’aurais droit à une inscription gravée dans le marbre : « Ici, l’Orchidée s’est faite renverser par un vulgaire taxi, que son souvenir reste à jamais gravé dans nos mémoires ».

En jouant avec mon frangin à qui attrape l’autre, j’ai sauté du lit et me suis cassée le bras.
Bilan : 3 semaines de plâtre, quelques baffes, des fessées et une punition exemplaire pour mon frangin qui ont rapidement séché mes larmes. Là aussi, ça valait bien le coup !

Bon là, ça se corse…
Je ne peux pas rester longtemps debout sinon je m’évanouis. La médecine explique ça par une chute de tension lors de la position verticale due à un problème d’équilibre. Entre temps, va expliquer ça à toute une file d’attente à la Poste ou aux Telecom. Le moustachu qui sait pas aligner deux mots sans dire un gros mot préférerait me voir crever plutôt que me laisser passer devant lui.

Je vois des tâches volantes marron. Au bout d’un mois j’ai décidé d’aller voir un médecin et là… Devinez ce que le toubib a dit ? Qu’il n’a jamais vu ça chez une personne de mon age !
Déchirure rétinienne qui a failli se transformer en décollement de rétine (où je rappelle qu’on risque de perdre la vue). Intervention au laser. Tout va bien mais je continue à voir des mouches. C’est facile à vivre quand on n’y fait pas attention mais aliénant quand je me mets à y penser et à essayer de suivre les mouches (chose que j’essaie de ne jamais faire quand je suis au volant ou avec des gens. Il y a quand même des limites à ma folie, là personne ne comprendrait).

J’ai une douleur qui rappelle celle d’une douleur cardiaque sauf que… c’est à droite. J’ai été consulter un médecin (pas le même pour pas éveiller de soupçons) lui assurant que mon cœur est à droite. Bien entendu, il n’a pas trouvé l’origine de cette douleur mais voyant à quel point j’y croyais, il a vérifié que mon coeur était bien à gauche (ce dont je doute encore).

J’ai un problème avec ma dent de sagesse, ce qui peut arriver à tout le monde, sauf que la mienne pousse vers le coté au lieu de pousser vers le haut et nous fait un remake de la colonisation israélienne sur la pauvre dent d’à coté. Bien entendu que j’ai été chez le dentiste pour l’enlever.
Résultat des radios : impossible de l’enlever même par acte chirurgical car Madame la dent de sagesse et Monsieur le nerf entretiennent une étroite liaison et me menacent de paralysie faciale si je tente de les séparer. Bon ben, je souffre, mais c’est quand même pour la bonne cause, ma bouche est le foyer d’une jolie histoire d’amour.

J’ai un problème de circulation sanguine. Oui, j’ai été voir un toubib. Paraît que je dois porter des bas de contention à vie, vous savez le genre de bas que même ma grand mère trouve anti sex! Pas question de porter ça et de mettre fin à mon sex appeal !

J’ai une allergie qui s’est déclenchée à un moment de ma vie où j’étais particulièrement stressée.
Les symptômes ? Rien de bien méchant : je gonfle comme un ballon de baudruche, mon corps se couvre de plaques rouges qui grattent de partout.
Un allergologue ? Bien sûr ! J’ai même été en voir deux.
Résultat ? Prends des corticoïdes, du magnésium, arrête de stresser (comme si j’aimais ça moi être stressée) et ne mange plus ni thon ni fraises … ni chocolat ! Pour ça, il peut toujours courir !

Et pour clôturer le Top Santé magazine, une allergie aux yeux vient subitement d’apparaître. Picotements, gonflement et irritation ! Pfff, j’ai connu pire!

Et avec tout ça, je vous rassure, je ne coûte pas un sou à l’état : je n’ai pas d’assurance!

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Bouche à oreille

Posté par orchea le 07/06/2006 à 05h54
C’est quand même une gentille fille cette Selima. Non, franchement, moi je l’aime beaucoup.

Tu sais, ça n’a pas toujours été facile pour elle. Enfin, je veux dire… la Nature l’a pas trop gâtée. Elle a été adoptée à l’age d’un mois. Jamila, sa mère adoptive, ne pouvait pas avoir d’enfants ; d’ailleurs elle était à l’époque au bord du divorce tellement son mari désirait fructifier sa semence et elle a essayé toutes les méthodes avant de se résigner à l’adoption, je t’en parlerais une autre fois.

Ah oui? Tu ne le savais pas ? Bon…tu sais maintenant.

Bref, ils ont consulté des centres d’adoption, et on leur a refilé cette petite fille, toute menue. Il paraît qu’à l’époque, Jamila avait été profondément touchée par ce petit bout de bébé aussi fragile que de la porcelaine. Elle avait crié « c’est celle là que je veux ».
Bon, connaissant Jamila et son intuition féminine, je ne m’étonne pas qu’il se soit avéré par la suite que la gosse avait des difficultés psychomotrices assez graves.

Ah, tu ne le savais pas ? Ben…Maintenant, tu sais.

Enfin, voila c’était plus un fardeau qu’autre chose.
Avec le QI d’une huître, elle avait plus de profs particuliers que de matières. Et puis, c’était quand même la plus grosse arnaque du siècle cette mioche. Jamila a dépensé des sommes colossales pour combattre son obésité morbide à coup d’interventions chirurgicales et de régimes soi disant révolutionnaires. Il paraît que les médecins la considèrent comme une curiosité scientifique.

Ah bon? Tu ne le savais pas ? Bon…ben maintenant, tu le sais.

Non et puis, les gens sont tellement méchants. Aller parler d’elle, par ci par là. Je veux dire, en quoi sa vie les intéresse ? Moi je m’en fous des gens, je vis ma vie tranquillement et je ne parle jamais des autres. Mais bon, c’est pas pareil, moi je suis très ouverte d’esprit, j’ai pas la même mentalité c’est sûrement parce que j’ai beaucoup voyagé.

Bref, Selima a du faire face aux ragots, aux rumeurs et aux médisances. Surtout après son mariage avec un noir, contre la volonté de ses parents.
Oui !!! Un noir ! Franchement, quelle idée d’aller épouser un noir ! A-t-on idée ! C’est un type qui venait de je ne sais quel pays d’Afrique, la Somalie ou le Tchad sûrement. Enfin, tu vois quoi… des gens pas comme nous.

Ne me dis pas que tu ne le savais pas ? Tu vivais dans un trou où quoi ?

Moi, j’ai été au mariage, je ne te raconte pas l’ambiance. Jamila ne savait pas où se mettre. Et puis, la délégation de la BAD était dans un coin, au fond de la salle. Non, c’était désolant, vraiment. Une si gentille fille, quel gâchis.

Je racontais ça à une copine la dernière fois, elle m’a dit qu’elle avait entendu dire que Selima aurait couché avec ce type et qu’elle se serait retrouvée enceinte. Ça explique le mariage précipité.

C’est une fille qui mérite beaucoup de compassion. Moi, je n’arrête pas de le dire à tout le monde. Arrêtez de parler d’elle et laissez là faire sa vie tranquillement. Mais, voilà, les tunisiens adorent raconter des choses sur les autres. C’est terrible. Moi, au moins, je ne parle pas des autres.

Bon, je dois te laisser, j’ai rendez vous avec Najoua. Il paraît que sa voisine Fatma a surpris Hédi, son mari, dans un café avec une jeune fille. J’ai hâte de connaître les détails.

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Charabia politique

Posté par orchea le 28/05/2006 à 05h53
- « Monsieur S., nous vous écoutons. Vous avez 1 minute 30 pour nous exposer votre programme électoral».


- « Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, bonjour.

Les fluctuations socio économiques que connaît actuellement notre pays ont pour conséquence l’impérative nécessité de mettre en place des mesures de protection visant a une restructuration sociale dans laquelle chacun de vous pourra trouver sa dignité.

La volonté farouche de sortir notre pays de la crise oblige à la prise en compte plus effective d’un plan correspondant aux exigences et aspirations de chacun.

La conjoncture actuelle de notre pays doit nous amener au choix impératif des redistributions budgétaires et à la révision du statut précaire des exclus qui doit s’intégrer à la finalisation globale d’un projet porteur d’espoirs.

Je reste fondamentalement persuadé de l’effort prioritaire qui doit être porté à répondre à vos préoccupations quotidiennes afin d’amener notre cher pays à vivre dans un avenir s’orientant vers plus de progrès et de justice.

L’effort doit être porté à la lutte contre l’aggravation des hétérogénéités et des inégalités due aux discriminations afin de mettre fin aux disparités, entre autres salariales, qui touchent notre société

Nous devons, mes chers compatriotes, regarder l’avenir à travers le même œil, celui du progrès et de l’égalité sociale.

Dans cette optique, des solutions rapides correspondant aux grands axes sociaux prioritaires doivent être mises en place afin de combattre les effets massifs de cette crise : le développement du chômage et de la précarité, la baisse du pouvoir d’achat, la restriction de possibilités déjà limitées d’ascension sociale, l’extension de la vulnérabilité et de l’exclusion.

Nous devons instaurer ensemble une politique active ancrée dans les institutions de notre modèle social qui promeut l’indemnisation des populations les plus touchés par la crise afin de garantir des minima sociaux permettant à chacun de vivre de manière décente.

J’ai l’ultime conviction que la situation d’exclusion que certains d’entre vous connaissent peut être combattue avec un programme plus humain, plus juste et plus novateur.

Nous devons aller vers l'adoption de législations concrètes combinant l'impératif de souplesse économique avec celui de protection des groupes vulnérables qui constituent les piliers de notre société pluraliste.

Vos préoccupations sont les miennes et mes priorités sont les vôtres. Mon programme est clair et par les simples mesures que je viens d’énoncer, je suis le plus apte à répondre à toutes les questions que vous vous posez ».

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Zohra, echawefa

Posté par orchea le 22/05/2006 à 05h52
Madame Naziha, cocue, descendit difficilement de son coupé cabriolet et se dirigea vers le N°53, de la rue de l’Amiral R. Elle déchiffra l’inscription suivante :


Cabinet de Mme Zohra L.
Voyante

Zohra echawefa était un personnage sorti tout droit d’un épisode de X-Files.
Ses dons surnaturels lui permettaient de prédire votre avenir sur trois générations et dans les moindres détails jusqu’à la couleur du string de vos arrières petit enfants pour leur nuit de noces.

La visite débutait par un diagnostic sur votre situation passée, actuelle et future.
Vous n’aviez jamais à lui exposer pourquoi vous étiez là, elle le savait mieux que vous.
Ses rayons X lisaient en vous comme dans un livre ouvert dont elle maîtrisait parfaitement la langue.
Pire, elle sondait votre âme, elle mettait à nu vos vices cachés, toutes vos perversions les plus inavouables, tous ces maudits événements que vous aviez avec grand peine réussi à refouler, tous ces pêchés qui vous faisaient penser honteusement que vous tueriez la personne qui viendrait à les découvrir un jour.
Elle n’avait pas de honte à vous regarder dans le fond des yeux et à vous dire le plus simplement du monde : « arrête tes pratiques sado maso », « les partouses ne sont plus de ton âge », « la zoophilie te tuera ».
Quand vous entriez chez elle, vous laissiez aux vestiaires votre manteau tout autant que votre intimité, votre vie ne vous appartenait plus et au vu de son incommensurable réputation, le jeu avait l’air d’en valoir la chandelle.

Elle vous proposait parfois quelques remèdes miracle pour retrouver un amour perdu, conjurer le mauvais sort ou mettre fin à l’Envie et la Jalousie dont vous étiez sans nul doute victimes.
Car pour elle, tout le monde enviait tout le monde. Vous serez toujours le gentil poursuivi par les forces du mal qui n’en d’yeux que pour votre Renault super 5 cabossée et votre travail routinier d’employé de bureau dans une institution étatique.
Les rituels vaudous, les prières du Vatican, les incantations divines ne représentaient rien devant une recette magique concoctée par ses propres soins. C’était l’univers entier qui se plaçait dans la conjoncture qu’elle souhaitait. Elle était une divinité sur terre.

Zohra était unique en son genre, c’était ça sa force.
Elle ne lisait pas dans le marc d’un café turc que vous deviez boire cul sec.
Elle ne faisait pas des lignes et des courbes sinueuses de votre main une carte de votre vie.
Elle ne vous proposait pas une partie de cartes en affirmant que vous étiez ensorcelée à la vue d’une Dame de carreau.
Elle ne se perdait pas dans la contemplation d’une boule de cristal dans laquelle elle semble être la seule à voir quelque chose.
Elle ne liquéfiait pas, sous vos yeux écarquillés, un kilo de plomb et vous débitait des événements tous plus saugrenus les uns que les autres en regardant le plomb former des figures aléatoires.

Non ! Elle, c’était autre chose, bien au dessus de tous ces charlatans qui vous extirpaient votre argent.
Elle se contentait de vous regarder dans le blanc des yeux et vous narrait votre passé, votre présent et votre avenir avec une aisance déroutante.
Elle était la plus grande bibliothèque du monde et détenait la biographie de chacun, écrite par la main même de Dieu.

On racontait qu’elle avait amené au pouvoir bon nombre de dirigeants politiques.
Certains affirmaient qu’elle y était pour beaucoup dans la victoire écrasante de Chirac, un de ses plus fidèles clients, aux dernières élections. Jospin avait été envoûté, c’était évident.
Les visites officielles de présidents et autres princesses et Emirs se terminaient toujours par une entrevue discrète avec Zohra echawefa.
Elle était devenue un monument du patrimoine, une fierté nationale dont on vantait les mérites, et même, parfois, la raison officieuse de certaines visites.

Zohra avait à un moment ou un autre changé la voie de votre destinée. On lui devait forcément quelque chose : Certains lui devaient tout, d’autres lui devaient de n’être plus rien.


Madame Naziha, cocue et désespérée de surcroît, sonna.

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Tout obtenir afin de pouvoir tout mépriser*

Posté par orchea le 07/05/2006 à 05h51

Tout obtenir afin de pouvoir tout mépriser

 

Diriger, gouverner, avoir du pouvoir sur les autres.
Sentir que l’on est suspendu à vos ordres, à l’affût d’un mot, un geste, un regard pour le transformer en action.

Dans un rêve utopique et par une matinée glorieuse, j’ai accédé à ce pouvoir.
J’ai mené une campagne sans merci, où ma démagogie n’avait d’égale que mon hypocrisie.
J’ai été un Dieu dont les adeptes buvaient goulûment les prophéties.
J’ai fait miroiter à la populasse un avenir aussi radieux qu’un matin de printemps.
Je leur ai susurré les paroles qui résonnaient depuis toujours dans leurs pensées chimériques.
J’ai fait couler dans leurs veines un sang plus rempli d’espoir que d’hémoglobine.
J’ai donné un goût à leurs vies insipides.

Dans ce même rêve, j’ai dit : « J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale ! », après le journal de 20h, alors que des millions de téléspectateurs étaient accrochés à leurs téléviseurs, attendant impatiemment mon discours.
J’ai également dit : « Qu’on le couvre d’or » en faisant ce geste de désinvolture impériale, et j’ai vu dans les yeux de cette personne, que j’ai daigné regarder, une reconnaissance infinie.
J’ai crié, du haut de ma monture: « Que tous les régiments soient prêts, nous attaquerons à l’aube ! », sous le regard angoissé mais déterminé de mon infanterie.

Je fus chronologiquement aimée, respectée, redoutée, et finalement haïe par un peuple dont chaque être n’avait constitué qu’une marche vers le trône.

Sans aucun scrupule, je n’ai tenu qu’une seule promesse de tous les mensonges que j’avais craché à leurs visages : celle de ne jamais les lâcher. Car j’étais là, et pour toujours.

Mon pouvoir était en place.

Stable, immuable, imperturbable…

J’y avais goûté, et je ne pouvais ni ne voulais m’en détacher.
Enivrée par ma gloire, je voulais faire de mon règne une latrie.
Plutôt mourir ou les faire tous mourir que me résigner à laisser ma place à autrui.
Me battre pour maintenir ma suprématie, c’est par instinct de survie que je le faisais.

A mon réveil, j’ai réfléchi.
J’ai manifestement l’âme d’un leader. Mais je suis de cette race de leaders qui représentent un vrai danger pour les libertés humaines.
Je serai animée par une motivation plus forte que veiller à la bonne marche de mon institution, celle d’exercer mon autorité, afin d’en tirer une autosatisfaction jouissive.

C’est ainsi.
Plus on en a, plus on en veut.
Plus on en veut, moins on peut s’en passer.
Plus on l’exerce, plus grande sera la domination… jusqu’à atteindre l’étouffement.
Étouffement d’une personne, étouffement d’un peuple.

Je suis bien mieux à ma place.
Me laisser accéder à un quelconque pouvoir causerait votre suicide, car je suis incontrôlable.


* citation de Maurice Barrès

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Publicis

Posté par orchea le 29/04/2006 à 05h50
J’en ai marre de voir les mêmes publicités sur les mêmes produits !

Des pubs sur des yaourts qui contiennent des bactéries améliorant le transit intestinal, mais qui n’ont toujours pas mis fin à votre dépendance au Microlax.
Des pubs sur des lessives qui montrent des gosses en train de se tortiller dans la boue et leurs mères exhibant un sourire niais, tandis que, bizarrement, la vôtre, vous fout un baffe qui vous retourne trois fois les yeux dans leur orbite quand vous lui ramenez votre survet’ crados après un match de foot.
Des pubs sur des boissons tellement gazeuses qu’elles vous transforment en ballon de baudruche ou en montgolfière, et qu’au moindre rototo vous risquez la syncope.

Moi ce que je veux, c’est des pubs pour des produits miracles, des produits qui nous changeraient la vie ! Le genre de produits, comment vous expliquer… tu vois la pub, tu sors à minuit de chez toi chercher un magasin ouvert pour l’acheter. Ça ne peut pas attendre le lendemain ! Tu ne pourras pas trouver le sommeil si tu ne t’endors pas ce soir là en le regardant sur ta table de chevet, ou, pour les plus passionnés, en le serrant bien fort.
C’est le produit que t’as attendu toute ta vie, t’as l’impression d’avoir vécu rien que pour ça et tu te sens fier d’appartenir au siècle qui a vu son invention !

Je rêve de voir un jour ce genre de publicités :

Votre passé vous hante ? Vous avez trop de souvenirs refoulés et des pensées obscures ?
MASTERESET est LE produit qu’il vous faut !
Premier lobotomiseur à usage domestique, il vous fera voir à nouveau la vie en rose.
Chassez vos souvenirs, redémarrez à zéro et revendiquez votre mémoire de poisson rouge.

Un patron qui vous tape sur les nerfs* ? Faites appel à un professionnel.
Né de la toute dernière génération de tueurs à gages, voici KILLBOSS, un robot conçu pour une seule mission, celle d’éradiquer votre patron.
Une fois la cible éliminée, il s’autodétruit automatiquement et ne laisse aucune trace pouvant vous impliquer dans le crime.
* En vente sur présentation d’une vidéo justificative et après acceptation de votre dossier.

Jeune drogué, tu as tout essayé, tu es fatigué mais tu as toujours envie d’ailleurs ? Ceci est pour toi !
Voici TRIPDIFFERENT, les premières gélules conçues à partir de champignons hallucinogènes génétiquement modifiés.
Les gélules sont classées par thème (visite culturelle cosmique, voyage psychédélique autour de ta chaise, buddha experience, danse karmique, extase sur les mains…) et par destination (Iles Hawaï, Never–land, Inde, Shangaï sud-est…).
Fais ton trip sur commande et sans effets secondaires ou indésirables.
(Attention ! Une consommation abusive entraîne des flatulences)

Vos couilles vous grattent trop souvent et vous avez honte de vous toucher en public ?
Les enfants se moquent de vos grattage intempestifs en vous jetant des cailloux ?
Les gens vos traitent de pervers ?
Voici en exclusivité le premier caleçon* comprenant un système de grattage incorporé.
Des microdoigts assurent le grattage permanent de vos couilles, vous procurant ainsi une agréable sensation de quiétude et de jouissance.
Possibilité de programmes : grattage doux, grattage intensif, spécial morpions…
*Existe aussi en slip et en string fil de pêche.

Obtenez votre diplôme avec de simples injections. Les laboratoires jmelacouledouce viennent de mettre au point des injections qui vous permettront d’acquérir tout le bagage culturel et le Savoir dont vous avez besoin.
Les injections peuvent être prescrites dans le cadre de la préparation d’un diplôme particulier ou pour maîtriser tout domaine de la Connaissance et du Savoir.
Vous n’aurez aucun mal à identifier ce que vous recherchez !
Les résultats sont prouvés scientifiquement*.
* test réalisé sur un échantillon représentatif d’attardés mentaux.
NB : pour les blondes, les doses doivent être triplées.

Du nouveau dans le domaine des énergies renouvelables.
ENERSHIT est un appareil ultra sophistiqué et révolutionnaire à brancher sur la cuvette de vos toilettes. Il recycle vos matières fécales en énergie et assure ainsi vos besoins en électricité et en chaleur à longueur de temps.
Plus vous chiez, plus vous économisez !

En attendant, continuons à nous abrutir devant des produits qui transforment le luxe en besoin et à sauter de joie à la sortie d’un nouveau yaourt aux fruits mixés ou d’une barre chocolatée fourrée au caramel.

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Un Bonheur à l'Imparfait

Posté par orchea le 20/04/2006 à 05h49
Depuis quelques temps, Madame Naziha vit un véritable bouleversement. Sa forme est au plus bas, sa tête bouillonne, et avouez qu’un chaos psychologique pour une femme qui ne possède que deux neurones, c’est terriblement dur à gérer.


Rassurez-vous, elle est toujours riche. Enfin, son mari est toujours riche.
Entre autres choses, les biens immobiliers que possède son mari, les feraient vivre en rentiers sur cinq générations si ses entreprises venaient à faire faillite. Et connaissant l’empire économique de son mari, qui dépasse de loin le PIB du Bengladesh, la faillite résulterait d’une cascade de bouleversements digne d’un Big Bang. Il n’est donc pas et ne sera, sans nul doute, jamais question de problèmes financiers avec Madame Naziha.

Mais Madame Naziha, plus que quiconque, vous dira, avec ce ton narquois mais non moins convaincu, que « l’argent ne fait pas le bonheur ». Il est, certes, plus facile d’ériger ces expressions préconstruites quand on croule sous les milliards. Un clochard en haillons ne vous dira jamais que « l’habit ne fait pas le moine », de même qu’on ne verra jamais un moine se balader en short et en tong à l’église.

Mais quels peuvent être les soucis d’une femme dont le destin pourrait constituer un conte fabuleux des frères Grimm ou dont la vie ferait un excellent scénario de téléfilm de 13h30 sur M6?
Madame Naziha doute. Madame Naziha suspecte. Madame Naziha affabule.

Il rentre tard. Ses portables sont éteints. Il a une odeur inhabituelle. Il porte son meilleur costume. Il se rase et change de caleçon tous les jours. Il a acheté un nouveau parfum. Il semble rajeunir de jour en jour.
Il ? Si Lamine, son mari.

Oui, de premier abord, ça paraît tellement saugrenu comme hypothèse. Comment un thon comme lui peut-il séduire une femme, si laide Soit-elle ?
Mais Naziha se rappelle bien que, plus jeune, elle avait fait de cet homme son mari bien qu’elle le trouvait répugnant. Elle se souvient aussi qu’à l’époque, il y avait un mariage à la clé. Ce n’était plus le cas…
Et puis, l’âge et l’argent avaient fait don à Si Lamine d’un charme introuvable chez lui jusqu’à présent. Aussi surprenant que ça puisse sembler, il passait dorénavant parfaitement bien en société. Une fois, à la sortie d’une pièce de théâtre, Madame Naziha avait même surpris des regards que lui avaient lancé un groupe de femmes esseulées.
Certes, ces regards étaient furtifs, mais pour elle, ils étaient notables au vu de l’indifférence qui se lisait d’habitude sur le visage des gens lorsque son mari passait devant eux. En temps normal, il suffisait de voir une fois Si Lamine pour l’oublier à tout jamais. Mais là, visiblement, la roue tournait, et pas dans le sens de notre pauvre Naziha…

A 62 ans, il était au paroxysme de sa libido. Guidé par ses pulsions sexuelles, par sa recherche quasi instinctive du plaisir, Si Lamine embellissait. Ses cheveux dont il assumait parfaitement la blancheur, les rides qui lui sillonnaient le visage, son ventre qui écartait les boutons de sa chemise pour se laisser découvrir, c’est chaque infime partie de son corps qui vous appelait à lui. Et ça, Madame Naziha ne pouvait pas le contrôler, elle se contentait d’en faire la triste constatation.

Désormais, Madame Naziha n’avait plus que sa bouée de graisse pour l’empêcher de se noyer dans son chagrin. Elle la regardait avec regret. Ses amies lui avaient à maintes fois conseillée de sauter le pas et de subir cette fameuse intervention de liposuccion, mais il lui semblait évident qu’il l’aime et l’aimerait toujours malgré ses kilos. « Le lifting attendra » se contentait-elle de répondre d’un air condescendant. Le Temps ne vous attend pas Madame Naziha, il vous rattrape, vous dépasse et vous nargue. Et qui plus est dans votre cas, le Temps a dû bien rire de vous.

Elle ne pouvait en vouloir à Si Lamine. C’est, du moins, ce qu’elle pensait.
En fin de compte, elle se disait qu’elle l’avait bien cherché. A vouloir se réaliser à travers ses tableaux, elle avait fini par écarter son mari. Elle pensait se démarquer de lui, elle l’avait éloigné de son corps, qui n’exerçait déjà pas une grande attraction. Attraction désastre, en l’occurrence…
Les hommes sont faibles, les femmes sont démoniaques et elle était de moins en moins attirante : toute cette conjoncture expliquait parfaitement bien la situation.

Que ne donnerait-elle pas maintenant pour se confondre à nouveau à cette image de potiche dont elle voulait se défaire à tout prix. Mais Si Lamine ne l’emmenait plus nulle part. Elle le suppliait. Il se contentait de répondre hâtivement : « C’est un dîner professionnel ». Il lui servait le mot « professionnel » à toutes les sauces, c’était devenu son exutoire, son alibi face à toutes les présomptions qu’elle émettait.

Et elle l’avait déjà condamné sur ces simples présomptions.

(A suivre…)

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Le bain de H'lima

Posté par orchea le 09/04/2006 à 05h49

Le bain de H'lima

 

H’lima ne rate jamais son Hammam du dimanche. Plus qu’une habitude, c’est un rituel.
Elle s’habille d’une nudité impudique et entame sa course à la propreté.
Dans cet espace, il n’y a plus de place à la féminité. Elle, de nature si douce, si fine se mue en un prédateur féroce qui traque sans merci les seaux d’eau chaude.
Celle qui a le malheur de s’aventurer à lui prendre son seau, aura droit à un regard plus perçant qu’un faisceau laser et à un rugissement dissuasif.
Les femmes sont des dockers qui transportent leurs seaux avec détermination.

Le parcours de H’lima est tracé comme un circuit de Formule 1.
Elle commence par la chambre chaude, cette salle magique qui a le pouvoir de transformer un être humain en pruneau desséché.
La chambre chaude, c’est encore mieux qu’un cachet d’ecstasy, c’est encore plus fort qu’un champignon hallucinogène, c’est encore plus doux qu’une herbe de Colombie.
Ça transformerait Hitler en Bob Marley, Sharon en Doc Gyneco.
Elle sue, étouffe, se vide de toute son eau et s’abandonne à une douce asthénie.
A ses côtés, d’autres femmes se laissent, également, entraîner par la chaleur enivrante de la vapeur.

Après plus de 40 minutes, elle se traîne vers la salle intermédiaire.
Là, tous les vices sont permis, on voit ce qu’on ne devrait pas voir et on entre de façon abrupte dans l’intimité d’autrui, dans tout ce qu’elle comporte de plus répugnant.
Les ménagères sans complexes exhibent leurs corps difformes et leurs pilosités envahissantes dans une nudité obscène.
Un groupe, en particulier, attire son attention. Quatre femmes nues comme des vers, affalées sur le marbre humide, les bras ornés de bagues et de bracelets en or jaune canari. Elles habillent cette vision malsaine de propos matérialistes et terre-à-terre, piaillent et lapident leurs connaissances communes en ponctuant leurs attaques de « la pauvre », « elle est si jeune », « elle était belle pourtant » et autres expressions qui leur donnent bonne conscience.
H’lima ne peut s’empêcher de regarder ces femmes avec dégoût. Un troupeau de Naziha venu se repaître à un point d’eau.

H’lima va alors vivre le moment crucial de toute cette expérience fantasmagorique : le frottement au gant de crin. Rares sont celles qui veulent le pratiquer seules. Toute l’ampleur de cet acte prend effet lorsqu’il est accompli par les gourous du hammam, ces camionneurs à la langue fourchue et à la gestuelle expressive incarnées dans un corps de femme. Elles se disputent les clientes comme deux prostituées sur le même trottoir.
H’lima se laisse manipuler et pétrir par cette femme qui l’exorcise de sa saleté.

Les Naziha en font de même. Mais leurs masseuses les traitent avec plus de délicatesse. On ne manie pas de la même manière le plastique et la porcelaine fusse t’elle épaisse et fine comme du béton.
Obscure pathologie sortie tout droit des enfers, après s'être abondamment et frénétiquement laissées frotter avec ce gant de crin, disponible dans tous les sex shop comme accessoire sado maso (rayon "trash"), elles regardent s'amasser les petits vers grisâtres que forment leur saleté en jouissant de cette vision. Leur crasse, c'est de la crasse "riche", elles en ont bavé pour l'obtenir...
H’lima regarde l’eau dévaler les courbes sinueuses de leur graisse et se charger de leurs vers grisâtres comme une source qui s’enrichit en minéraux en parcourant une montagne rocheuse.
Les crasses des ces femmes se mêlent à la sienne et s’évacuent en file indienne dans un ruissellement d’eau de lavage marron, de shampoings et de pelotes de chevelure crépue.

Comme revêtie d’une seconde peau, H’lima renaît.
Dans la dernière chambre, un semblant d’humanité commence à se faire ressentir.
Epanouies, exténuées par leur épopée, les femmes s’y reposent.

Elles rigolent, se disent des gentillesses, et sirotent joyeusement leurs Boga cidre ou leurs Fanta tout en cachant leurs tares dans des vêtements qui créent l’illusion de leur beauté et les replacent dans leur contexte social. Les seins pendants jusqu’au ventre de l’une, la cellulite capitonnée de l’autre ne sont plus qu’un souvenir… Les Naziha et les H’lima retournent chacune dans son monde.

Il n'y a que la crasse que les Naziha acceptent de partager...

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Station Innocence, Terminus

Posté par orchea le 03/04/2006 à 05h47

Station Innocence, Terminus

 

Cela va faire bientôt 30 minutes qu’elle attend…
Comme à chaque jour, après avoir fini ses cours, elle parcourt les 500 mètres qui séparent son lycée de l’arrêt du bus. Là, elle attend… elle attend… elle attend…

Elle attend ce bus qui, une fois sur deux, ne s’arrêtera pas à la station. Ce bus bondé, qui contient parfois le triple de ce qu’il devrait contenir, qui penche dangereusement vers la gauche et dont des têtes dépassent des fenêtres et des portes comme du bétail en route vers l’abattoir.
Si elle a de la chance, il ne sera pas trop rempli aujourd’hui. Et elle pourra espérer être chez elle dans une heure.

Il arrive enfin… ça se précipite vers la porte. Et elle, toute menue, se fait écraser par une masse animée par le même but : monter à tout prix. Mais a-t-elle le droit de les blâmer ? Elle est comme eux, avec eux ?...

A l’intérieur, une chaleur étouffante, une atmosphère asphyxiante et une odeur nauséabonde de cigarettes bon marché imprégnée dans les vêtements, mélangée à un cocktail explosif d’odeurs corporelles.

Elle s’est habituée, ou du moins essaie… Elle avance, entraînée par le mouvement lent et irrégulier de la masse.

Des têtes de tous genres… la plupart, des ouvriers rentrant des chantiers, des maçons, des vieux aigris et d’autres échantillons de l’espèce humaine.

Elle continue d’avancer… et soudain elle ressent un contact étrange.
On lui colle de trop près. Elle bouge, mais ça se remet inéluctablement en place…
Elle se retourne.
Un homme d’une trentaine d’année. Il lui lance un regard d’une perversité à vous glacer le sang. C’est tout ce qu’elle verra de lui.

Il se rapproche encore et encore… elle sent sa main qui lui caresse les fesses et traverse son intimité, elle sent son organe qui se durcit à son contact.
Et elle ne peut dire un mot. Elle se tait. Elle a peur et ne sait comment réagir.
Elle est jeune, innocente. Elle l’était… Dorénavant, elle le sera moins.
Elle s’imagine se retournant et lui donnant une baffe. Non, elle ne peut pas ! Elle n’ose pas… Elle se tait et subit…
Son mutisme est un consentement pour son « violeur ». Il continue impunément à se livrer à ses petits plaisirs obscènes.

La file n’avance pas.

Indifférents, ils sont tous complices à ses yeux. Leur statisme a la délicatesse de se maquiller en impuissance. Personne ne voit, ne la voit. Tout ce petit monde est soudain frappé de cécité…

L’attente lui semble interminable.

Ca bouge enfin… elle se libère de se corps qui s’était imbriqué en elle.
Elle descend, les larmes aux yeux.
Elle a honte… et elle n’en parlera pas.
Elle le reverra, presque chaque jour, dans ce même bus. Il ne la reconnaîtra pas mais elle, elle n’oubliera jamais ce visage impassible et ce regard de vicelard.
Lui, se trouvera encore d’autres victimes et aura encore quatre érections avant d’arriver chez lui.
Le scénario se perpétuera…

Du bus de l'innocence, tout le monde finit par descendre un jour. L'arrêt est juste arrivé un peu plus vite que prévu pour elle…

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Microcosmos

Posté par orchea le 30/03/2006 à 05h44

Microcosmos

 

Ça devait arriver…
Ça y est ! C’est le début de l’aliénation…
En ce moment, je vois ce que je ne suis pas censée voir…
J’ai basculé dans une autre échelle…
En fait, je crois que je suis en train de me transformer en particule microscopique.

Je LES vois.
J’ai accédé à LEUR monde.

Avant, je connaissais leur présence sans m’en préoccuper outre mesure, mais là, je commence à penser que les microbes ont une mission, celle de nous éradiquer !
Nous sommes infestés par ce microcosmos, les microbes nous côtoient et nous parasitent !

Quand je dois ouvrir une porte, j’y pense à deux fois avant d’attraper la poignée, je la regarde et je les vois ! Ils me regardent sournoisement, ils sont verts ou gris et ils ont des crocs, et de la bave partout.

Y a plusieurs espèces dans leur monde, parce que j’en vois d’autres, des longilignes qui n’ont pas d’ yeux. Ce sont sûrement les gentils du monde microscopique. Y a des ovales aussi mais, apparemment, ceux là, ce sont des attardés mentaux inoffensifs.

Et les acariens, j’en vois aussi, sur mon oreiller, sur mes draps, sur mon lit… ils laissent leur crotte partout, ils se nourrissent des fibres de mes tissus et je m’imagine des bébêtes dans mes cheveux, sur mes vêtements… partout, partout, PARTOUT !!!!

Je suis dégoûtée à l’idée de penser qu’à chaque fois que je touche quelque chose, ils se servent de moi comme d’un bus pour aller ailleurs… En fait, les transports en commun des bactéries ce sont nous, les humains ! Elles guettent l’arrivée d’un humain et sautent dessus pour étendre leur invasion.

Même l’eau du robinet commence sérieusement à me faire peur, j’en vois qui nagent tranquillement… ou dans la bouffe qui bronzent pendant la cuisson… ils pénètrent dans notre corps, se mêlent à notre propre flore et un vrai melting pot se crée en nous, nous sommes plus cosmopolites qu’une grande métropole, nous sommes une zone d’échange !!!

Et l’argent… à travers combien de mains ça a du passer avant d’atterrir dans les miennes !
A chaque fois qu’on me rend la monnaie, j’imagine le parcours de cette pièce...
Un morveux enrhumé qui éternue, un liquide verdâtre lui sort du nez, il cherche, en vain, un mouchoir et puis…hop! ni vu ni connu, il essuie d’un mouvement machinal de la main, puis il se souvient qu’il doit acheter le pain, il paye avec cette pièce… le relais est passé… l’épicier prend la relève… un mec vient acheter du yaourt, l’épicier lui rend la monnaie, et la pièce passe entre les mains de ce type, qui, j’ai oublié de le préciser, a la fâcheuse manie de jouer avec son zizi et vient juste de finir sa branlette, puis il payera avec cette même pièce son journal du dimanche. Le vendeur de journaux, surpris aux toilettes, sortira sans se laver les mains et la transmettra à un autre type, qui payera avec son cappuccino et ainsi de suite jusqu’à ce que, par une conjoncture cosmique, cette pièce se retrouve entre mes mains.
Cette putain de pièce infestée jusqu'au trognon m'était donc destinée?
Mais elle ne s’arrêtera sûrement pas à moi, elle se chargera encore de mes microbes pour parasiter d’autres victimes…

Même dans l’air, je les vois, ils se déplacent toujours en horde, pour nous envahir plus rapidement et ils ne font que baiser à longueur de journée pour faire des gosses, qui instinctivement sont programmés à parasiter encore et encore !
Baiser pour parasiter ! Voila la vie d’un microbe !
Combattons les bactéries, les virus, les champignons et tout autre peuple lilliputien ! Voila à quelle cause nous devons nous rallier, Humains !

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Madame Naziha se cultive

Posté par orchea le 23/03/2006 à 05h42
Ah cette chère Madame Naziha…

Figurez vous qu’elle a changé. Oui, Madame Naziha a fini par comprendre que pour être encore plus « in », il ne faut pas paraître gourde ! Même si on l’est…
Elle a enfin décidé de prendre son avenir à deux mains et d’arrêter d’être la potiche de son mari dans ses cocktails, certes amusants, mais non moins routiniers.

Madame Naziha se passionne désormais pour l’Art.
A l’age de 57 ans, elle s’est soudainement découverte une passion déraisonnée pour la peinture. Un art bien choisi, puisque son talent est laissé à l’appréciation de chacun.
Madame a pris quelques cours de peinture avec un professeur particulier (je dirais même plus, très particulier) qui lui a appris des concepts de base, mais assez pour que Madame Naziha se sente désormais l’âme d’un Dali.

Madame Naziha peint ! Encore mieux, Madame Naziha expose, dans une galerie tunisienne très cotée de la banlieue où l’on peut admirer des tableaux aussi farfelus les uns que les autres, ce qui pourrait sûrement expliquer le prix exorbitant de ces œuvres de Maître.
Une femme en sari marchant dans une rue de Sidi Bou Saïd, une Nature Morte mais qu’on n’a vraiment pas du tout envie de réanimer, une forme humaine nue affalée sur une dormeuse, sa main lui tenant la tête, rêvant certainement à ces 40 kg en moins et d’autres tableaux d’une originalité qui laisse perplexe. Quelle imagination débordante !

Pour son vernissage, le tout Tunis a fait le déplacement. Car le tout Tunis a également compris que se retrouver au milieu de tableaux pour discuter mondanités, c’est plus en vogue !

Un défilé de voitures, de fausses blondes, a-t-on besoin de le préciser, artificielles, accompagnées de leurs portefeuilles à la moustache bien taillée, un cigare pendant a leur bouche, qui font aussi office de maris, ou pour celles, plus extraverties, d’amants.

Quelques toasts et des rafraîchissements pour rehausser une ambiance d’une superficialité qui frise le ridicule, et voilà notre Madame Naziha expliquant à ses chers visiteurs le traditionalisme post moderne du conservatisme néo constitutionnel de ses toiles (dans l’ordre que chacun désire, l’expression passe toujours).

Bien entendu, quand on est ami avec Madame Naziha, on achète ses tableaux. Même si on n’aime pas, on fait semblant d’aimer. Et plus c’est cher, plus ça vaut la peine d’être acheté.
Madame Naziha explique cela par la complexité de son tableau… Oui c’est dur de colorier à l’aquarelle sans dépasser les traits au crayon !

Madame Naziha se plaît à coller des étiquettes VENDU sur certains de ses tableaux, car plus ses visiteurs voient de tableaux vendus, plus ils ont envie d’acheter pour être aussi mondains que les mondains.

Le circuit d’achève par le livre d’or à la sortie sur lequel on griffonne des « Bravo Mme Naziha », « Beaucoup de talent » et autres expressions à faire jouir un impuissant.

Nos visiteurs rentrent enfin chez eux, 1000 DT en moins dans leurs comptes en banque, qui déjà n’en contenait pas tant (car rappelons le tout tunisien qui se respecte vit bien au dessus de ses moyens en cultivant le paraître), mais avec le sentiment d’avoir, le temps d’une exposition, côtoyé les hautes sphères de l’élite intellectuelle.
Quant à Madame Naziha, artiste peintre, elle repart avec ses dinars et l’illusion d’avoir marqué son nom dans la postérité.

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Hija de la luna

Posté par orchea le 16/03/2006 à 05h41
La lune a toujours été un vrai mystère pour moi…

Quand j’étais petite, comme tout enfant de mon âge qui n’avait pas ce qu’il voulait, j’avais des périodes de tristesse profonde, je m’isolais dans un coin et je pleurais…
Etrangement, à chaque fois, je me retrouvais à côté d’une fenêtre, il faisait toujours nuit et la lune m’observait… C’est bien l’impression qu’elle me donnait.
Elle était témoin de ma tristesse et j’avais même fini par penser qu’elle éprouvait un malin plaisir à me voir dans cet état.

Et en fait, avec le temps, j’ai entretenu ce rapport avec la lune… Ce n’était plus elle qui m’observait quand j’allais mal mais moi qui allait vers elle dans ces moments de solitude.

C’est peut-être un moyen pour moi de trouver un responsable à toutes mes peines, car on doit toujours blâmer quelqu’un de ce qui nous arrive.
Chacun de nous a besoin de son « punshing ball » et la lune me convient bien, autant blâmer cet astre lointain sur qui je ne peux pas agir et que je peux insulter tranquillement, sans crainte de dérapages.

Jusqu’à aujourd’hui, quand je ne suis pas bien, c’est vers la lune que je me tourne, et au risque de paraître un peu folle (ce que je suis déjà pour la plupart de mes lecteurs), je communique avec elle…
Je lui parle de mes problèmes, même si au fond, je sais qu’elle les connaît déjà puisque c’est à cause d’elle… Tout est à cause d’elle… elle fait en sorte que je sois triste pour mieux rire de moi.

J’aimerais penser qu’elle ne fait que me voir évoluer, patauger, me relever… J’aimerais penser que je suis la seule qu’elle aime observer de cette manière.
Je n’ose même pas imaginer ma Lune en voyeuse interplanétaire, qui s’amuserait à rire de tout le monde. Non c’est MA vie et seulement MA vie qui doit l’intéresser… il ne peut en être autrement !

Ma Lune me paraît encore plus diabolique et méchante quand le ciel est nuageux : les nuées noirâtres qui la traversent, ces zones d’ombres formant parfois des figures surprenantes, ça lui donne un air plus « héroïque », ma Lune devient justicière de la nuit…

Mais je l’aime ma Lune, même si elle ne cherche qu’à se nourrir de ma tristesse.
Car ma Lune à moi est différente, elle n’a que des yeux pour me voir et des oreilles pour m’entendre.
Elle ne me parle pas mais elle m’écoute et m’observe.

Au fond, n’est-ce pas tout ce dont j’ai besoin ?

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Interruption momentanée de l'activité

Posté par orchea le 12/03/2006 à 05h40

Nous interrompons momentanément l'activité de ce blog qui sera temporairement redirigé vers celle de Jaddi Gattuso pour les besoin d'une vengeance qui s'est faite ressentir...
Certaines personnes ne comprennent malheureusement que ce langage... :-)

Bonne lecture... surtout si Tarek! :-)

 

Bataille Rangée : L'Empire contre attaque

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Podophobia

Posté par orchea le 07/03/2006 à 05h39

Podophobia

 

J’ai un problème avec les pieds ! C’est pire qu’un problème, c’est une phobie…
Oui, j’ai la phobie des pieds ! Et je l’assume pleinement.

Ca a commencé, en fait, par une incompréhension vis-à-vis des pieds. Tout me paraît bizarre chez eux, à commencer par les orteils !
Pourquoi des orteils ?
Pourquoi on n’aurait pas des palmes?
A quoi servent-ils ces orteils ?
Et surtout le dernier, le tout petit, minuscule chez certains, on a l’impression qu’il s’excuse d’exister. Il est tout recroquevillé et replié sur lui-même, l’air de dire « faites pas attention à moi, chui juste là, comme ça… »
Mais, il a beau vouloir passer inaperçu, ben c’est toujours lui qui cogne en premier la table ou la chaise quand on marche pieds nus ! Et en plus, cet enfoiré, il fait super mal !
Alors, comme orteil invisible, j’ai connu mieux ! C’est plutôt « faites pas attention à moi mais je vais vous pourrir la vie »…
Le pire, chez ce petit orteil, c’est l’ongle !
Déjà, impossible à couper sans que tu t’enlèves un bout de peau avec.
Et, chez certaines personnes, l’ongle c’est tout sauf un ongle, un petit gribouillis tout dur, aux nuances jaunâtres. Comme si, lors de notre conception, c’est par là qu’on a fini de nous tracer. Le coup de pinceau final, comme le bout d’une crotte en tourbillon (c’est plus fort que moi !!).
En plus, chez nous, les femmes, pour mettre du vernis sur l’ongle minuscule de l’orteil minuscule, bonjour la galère : c’est comme vouloir peindre la couille droite d’une fourmi.

A part ça, le pied en lui-même est rebutant…cette forme d’obus et surtout quand tu vois que certaines personnes ont des pieds de Hobbit, des pieds plats avec des poils qui sortent de partout et des orteils qui vont dans tous les sens.

Mais c’est plus fort que moi, je ne supporte pas la vision des pieds, et encore moins celle de leur contact.
Même quand la personne porte des chaussettes super propres, impossible qu’elle me touche avec ses pieds. Et je ne supporte même pas de porter les chaussures d’une autre personne!

Alors, bien sûr, en été, quand tout le monde se met à ses tongs…c’est le musée des horreurs !
Je passe mon temps à regarder les pieds des gens, et je ne supporte pas voir un gros orteil qui dépasse tous les autres.

Ya un truc aussi que je supporte pas, c’est les gens qui parlent en bougeant les orteils, les doigts de pied en éventail ça me tue !!

Mais alors, quand je m’imagine tous les champignons que peut recéler un pied, ça me donne carrément envie de gerber. Surtout ces espaces entre les orteils, le havre de paix des champignons, bien au chaud, tranquilles, un vrai camp de vacances.

Bon, promis, bientôt j’irais voir un toubib…

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Madame N. : Au commencement...

Posté par orchea le 03/03/2006 à 05h38
Vous vous souvenez sûrement de la chère Madame « je pète dans la soie », qui parlait « français » dans ses soirées mondaines. Nous l’appellerons Madame Naziha (un prénom typique de bourge tunisienne).


Madame Naziha est très riche. Contrairement à Dame Nature, qui lui a offert 120 kg d’amas graisseux équitablement distribués sur toute la surface de son corps, la vie l’a bien gâtée sur le plan matériel.
Il faut dire qu’elle a un peu forcé le destin. Son mari, elle ne l’a pas connu au détour d’une rue, dans un café ou à la sortie d’une pièce de théâtre, mais à travers le speed dating made in Tunisia : tu entres avec un gâteau, tu ressors avec une femme.
En ce temps là, Mademoiselle Naziha était une jeune fille, qui se cherchait.
Elle coulait ces interminables heures d’école à regarder le prof, comme on regarde un aquarium, émerveillée par une intelligence qu’elle n’aura jamais. C’est certain, ils vivaient dans deux mondes parallèles.
Tous ces chiffres et ces mots enchaînés dans une suite illogique, ça ne passait même pas à travers le filtre de sa cervelle. Ca sortait directement par un canal
« déchets » (la nature fait si bien les choses).
Ses parents avaient fini par se rendre à l’évidence : cette troisième enfant n’était toujours pas l’espoir tant attendu de la famille.

On lui avait alors fait connaître un cousin lointain, d’une mocheté digne d’un portrait de Picasso, un type « cubique », c’est le mot !
Mademoiselle Naziha était, il faut le signaler, « baisable », malgré la bouée de graisse qu’elle portait autour de la taille et la cellulite qui formait des vagues à faire pâlir de jalousie les plus grands surfeurs.
On ne pouvait pas en dire autant de son « Cube », il était et restera laid. Un thon !

Mais l’argent a cette magie qui vous transforme un rat d’égouts en étalon pur sang arabe.
Elle n’était pas obligée de le regarder quand ils feraient l’amour, si tant est qu’ils aient une vie sexuelle.
Le sexe, c’est désuet devant toutes les ouvertures sociales que vous offre l’argent.
Une pirouette de temps à autre pour satisfaire quelques pulsions primaires et puis voila.
Surtout que, pour lui dire des mots doux, quand elle se sentait l’âme romantique, elle n’était pas obligée d’être sincère. Dire, c’est une chose, penser ce qu’on dit, c’est tout autre chose…

Elle accepta bien sûr… et lui, s’empressa d’en faire de même, de peur que sa cécité provisoire ne finisse par guérir.
Un mariage, où il ne manquait plus qu’une partie de « torchade de cul » aux billets de 30 DT, tant le faste ne laissait pas indifférent. Et voila notre souillon, Mademoiselle Naziha, transformée en Madame Naziha, reine des folles nuits de Tunis.

Madame porte la fourrure comme un militaire porte l'uniforme. Quand on la voit on ne peut s’empêcher de penser que ça vaut bien les trois visons et deux renards sacrifiés. Sur eux, ça ne donnait pas le même effet, ça passait trop inaperçu.

Chez ses amis, sevrés au caviar et au champagne, elle se sent dans son monde. Elle nourrit ses conversations d’éclats de rires (hypocrites, cela va sans dire). Elle enchaîne cigarette sur cigarette, et débat toujours sur des questions existentielles : « Où passer ses prochaines vacances quand on a fait le tour du globe ? », « A quand la nouvelle Série 7 de chez BMW ? ».
Mais Madame sait poser ses questions de manière dramatique et affectée, on compatirait presque.

Décidemment, nous n’avons pas les mêmes valeurs…

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French Attitude

Posté par orchea le 26/02/2006 à 05h37
Dans ce grand magasin tunisien, on est super bien accueilli.

Un sourire enjôleur entre deux ruminations de chewing-gum, et un grand "bannjeuuur".
Etrangement, la vendeuse ne vous parle qu’en français… enfin, un dialecte qui s’en rapproche.
Et pourtant, aussi bien elle que les clients, sauraient communiquer correctement dans une langue commune, mais celle-ci semble être taboue dans ce genre d’endroit.
Alors bien sûr, quand on vous parle français, vous vous sentez obligés de répondre en français, et la vendeuse finit par s’enfoncer dans un charabia incompréhensible.
Un festival de « le » et de « la » placés au gré de son humeur, des arguments de vente qui finissent par vous faire fuir ou vous faire vite acheter pour sortir de cet enfer : "Faut l’ voir porté", "vriment ci triii joli sir vous", "ci pour une cadou ?".

Ce cher Professeur a vécu vingt ans en France. Diplômé d’une école de renommée internationale, il a fini par rentrer au bercail, la tête chargée de connaissances et de valeurs qu’il rêve d’enseigner à la nouvelle génération. Mais voilà, vingt ans n’auront pas suffi à masquer cet accent fortement prononcé et ces fautes de français à retourner le pauvre Voltaire (paix à son âme) dans sa tombe.
Alors, on commence par en rire, mais on finit par s’y habituer. Et les fautes se transmettent, comme une épidémie. La nouvelle génération part sur les traces de ce cher Professeur, qui aura, au moins, eu le mérite de transmettre quelque chose.

Madame "je pète dans la soie" parle français pour faire sensation dans ses soirées mondaines.
Mais Madame ne savait pas parler français avant. De niveau 6ème année primaire et trop occupée à chercher un mari riche, elle a appris quelques mots sur le tas pour "faire joli" devant les copines, mais a quand même gardé son accent tunisien qui ne connaît pas les « u » (qu’il transforme automatiquement en « i »), qui abrège les mots un peu trop compliqués.
Ainsi, Madame ne prononcera jamais "pot d’échappement" mais diras "chappment", "battoir" au lieu "d’abattoir", persuadée, bien sûr, que ça doit être dit comme ça et pas autrement.

Mais parler français, même quand on ne sait pas, c’est primordial.
Parce que "ça le fait".
Parce que "c’est in ".
Parce que "ça fait cultivé".

Fermons les yeux et imaginons…
Imaginons une Tunisie sans "comeme", sans "cilima", sans "lostorant", sans "autroviseur".
Une Tunisie où on reconnaîtrait un nom féminin d’un masculin, où on ne dirait plus "le maison", "le voitire".
Une Tunisie où on ne penserait pas instinctivement à "électricité" quand on nous demandera un mot contenant cinq « i »,
Une Tunisie où les enseignes n’afficheront plus « micancien » ou « libreuri ».
Une Tunisie où on ne dirait plus "joyeuse année vers sert", "bonne appétit" ou "bon journée".
Une Tunisie où il n’y aurait plus les expressions "normaaal", "baaaassse", "ça vaaaaa" (ou son nouveau dérivé "ça vannnn").

Que nous reste-t-il, cinquante ans après la fin du colonialisme ? Des expressions biaisées, arabisées ou francisées.

Un langage bâtard, dont j’ai honte.

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Vilaine

Posté par orchea le 23/02/2006 à 05h36

Vilaine

 

J’ai toujours rêvé d’être un personnage de dessin animé. Je m’imagine souvent dans le générique d’une super production Disney. En fait, je suis fascinée par la force de caractère d’un méchant de dessin animé. Ca ne doit pas être facile à vivre tous les jours d’être méchant : on n’est aimé de personne et tout le monde cherche à se débarrasser de vous. Eh bien moi, je l’aime ce rôle de créature immonde et moche, cette force du mal qu’on veut éradiquer !
J’adorerais être celle qui pourrirait la vie aux gentils pendant tout le film.

Je m’y vois…
Je vivrais en Ermite, dans un manoir abandonné d’une cité abandonnée ou même dans une île, mais super bien gardée quand même. Ca serait une maison énorme, pleine d’étages, des escaliers en colimaçon, des caves souterraines, des chambres secrètes. Y aurait des systèmes d’alarme partout, des caméras et plein d’écrans dans mon bureau desquels je pourrais surveiller l’entrée.
Alors bien sûr, au début, on ne me montrera pas, pour préserver le suspense et me rendre encore plus diabolique. Non, on verra juste ma main, une main où y aurait juste 4 doigts (genre, y en a un qui a été coupé dans le passé), une main probablement recouverte d’un gant métallique (le métal c’est méchannnnt !!).
Je serais animée d’une envie folle de posséder le monde. J’aurais inventé une machine qui me rendrais super puissante et qui représenterait un réel danger pour l’Humanité.
Je serais révoltée contre toute forme de vie humaine, peut-être en souvenir d’une blessure dans mon enfance (bon ça c’est le scénariste qui s’en occupera).
Les gentils, des tantouzes qui se prennent pour des héros, ne comprendraient pas pourquoi je suis aussi maléfique, et me combattraient, mais moi je leur en ferais voir de toutes les couleurs.
Je déjouerais leurs plans, je les emprisonnerais dans une cellule ou dans une grotte et je les laisserais se faire manger par des créatures bizarroïdes, des trucs à cinq pattes, vingt cinq antennes, des bêtes gluantes et puantes (c’est ça qui est génial avec le dessin animé, on peut jamais te dire « eh t’exagère quand même ! »).
Et même qu’après les avoir emprisonnés, je prononcerais la fameuse réplique : « Vous allez tous mourir ici » et après je ferais le fameux rire de méchant, avec l’écho et tous les effets sonores (à la thriller) : « Niahahahahahaha » -une petite pause- « hahahahahahahaha », et y aurait un gros plan sur ma bouche grande ouverte et mes yeux en feu crépitant de méchanceté.

Bien sûr, comme dans tout dessin animé qui se respecte, ce seront les gentils qui vaincront à la fin, ils trouveront in extremis le moyen de s’échapper (c’est à cause de ce connard de Mac Gyver, tout le monde arrive à s’échapper maintenant. Avec un stylo, un briquet et un trombone, ils auront réussi à construire un avion) et je mourrais projetée du haut d’une falaise et je m’écraserais au sol comme une vulgaire mouche.
Et on m’oubliera, on sera content de s’être débarrassé de moi. Tous les spectateurs seront soulagés, certains se diront même « c’est bien fait pour sa gueule, qu’est ce qu’elle était méchante cette méchante ! ».

Je m’en fous, j’aurais été la plus méchante des méchants de tous les dessins animés.

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Salvation

Posté par orchea le 19/02/2006 à 05h35

Salvation

 

Il est là…je le sens tout autour de moi, une nuée vaporeuse et blanchâtre… il s’enroule autour de mon corps, pour mieux me posséder et me susurre de plaisantes tentations.

Je sais ce qu’il doit penser :
C’est une Victime parfaite cette Orchidée : elle est vulnérable, malléable, influençable, manipulable…
Elle est faible, impuissante face à l’Envie et toujours prête à s’abandonner à la moindre Tentation.
Elle ferait tout pour être mieux dans sa tête, être bien dans sa peau.
Mais elle ne fait que s’enfoncer dans les sables mouvants de mes Allusions Sataniques.
Et je me délecte à cette descente abyssale.

Oui, tu as raison Diablotin, je ne peux plus me battre…
J’ai essayé de me débattre, mais ton Monde semble meilleur que celui dans lequel je vis et je m’abandonne progressivement à toi.
Tout est tellement facile avec toi, il suffit de suivre son instinct, de se laisser guider par ses envies.
Que c’est simple de faire abstraction de tout ce qui vous entoure et de se laisser guider et non dicter.
Et puis, pourquoi est-ce un pêché de désirer ce que l’on n’a pas ?
Pourquoi doit-on sans cesse résister à ses tentations ?
Car Nul n'en est exempt.

Pourquoi, Satan, déploies-tu autant d’efforts pour rallier les Mortels à ton Monde ?
Mon DIEU, pourquoi n’en déployez-Vous pas autant pour les ramener au Vôtre ?

Je sais ce que DIEU me répondrait :
Comment ai-je pu créer une Bête comme toi ?
Tu ne fais honneur ni aux Hommes ni à toute autre créature vivante.
Et tu oses te proclamer Orchidée !
Tu as, certes, des principes, mais tu n’as aucune Morale! Aucune…
Tu ne vis que pour ton confort. Tu ne supportes pas la Souffrance.
Sais-tu combien elle est importante pour forger le caractère ? Non, toi tu dépenses toute ton énergie à éviter de souffrir.
Tu ne mérites pas la Vie, et encore moins la Mort. La Paix de ton Ame serait une échappatoire.
Je t’ai aimée pourtant, je t’ai chérie. J’ai même eu l’espoir que tu éclaires les Tiens.
Mais tu t’es détournée de l’Essentiel. Tu es devenue égoïste, sournoise, cupide.

Ressaisis toi Orchidée Fanée, c’est ta dernière Chance.

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Ire

Posté par orchea le 15/02/2006 à 05h34

Ire

 

Certains se taisent, d’autres en parlent, certains la ruminent, d’autres l’expriment…

Y en a qui l’écrivent, y en a qui la peignent, y en a qui la sculptent.
Y en a qui cognent sur un mur, y en a qui cognent sur leur femme.
Y en a qui rougissent, y en a qui tournent au vert.
Y en a qui l’avalent, y en a qui crient, y en a qui pleurent.
Y en a qui se vengent, y en a qui oublient, y en a qui vivent avec.
Y en a qui réfléchissent, y en a qui l’analysent, y en a qui en tirent des leçons.
Y en a qui se font une clope, y en a qui se font des clopes, y en a qui fument un cigare, y en a qui roulent un joint.
Y en a qui boivent un coup, y en a qui se bourrent le gueule.
Y en a qui tirent sur des pigeons, y en a qui se tirent dessus, y en a qui tirent sur les autres, y en a qui tirent aux fléchettes, y en a qui tirent un coup.
Y en a qui se gavent, y en a qui font la grève de la faim.
Y en a qui écoutent du hard, y en a qui écoutent du classique.
Y en a qui regardent un spectacle de Gad, y en a qui regardent un film de Woody Allen.
Y en a qui dorment, y en a qui font du yoga, y en a qui font une thalasso, y en a qui font un footing.
Y en a qui font un bowling, y en a qui font un billard, y en a qui font un Counter Strike.

 

Ire

Chacun son truc.

J’ai le mien pour éradiquer la colère.
J’adore faire ça et ça soulage un max!
Je prends la personne que j’ai envie de tuer, je la mets dans le plan du fond puis je me mets au premier plan je rapproche ma main de mon œil gauche, je ferme l’œil droit et j’écrase la personne entre mon pouce et mon index!
Pour agrémenter le truc, j’ajoute des expressions du genre « tiens, ça c’est paske t’es un gros nul ! » ou « t’as voulu me chercher hein ? Ben prend ça ! »
Y a deux effets à ça :
Primo tu te sens beaucoup plus grand que la personne ou plutôt la personne semble minuscule devant toi et donc ça te soulage un peu, deuxio t’es quand même en train de l’écraser et tu peux le faire autant de fois que tu veux !
Et je rappelle quand même que c’est un truc qui ne fait pas de mal mais qui fait un bien fou !

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L'Amour revisité...